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MALADIES INFECTIEUSES - PART 9 ppt

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Les patients souffrant de maladies chroniques sont souvent « les oubliés de la vaccination contre l’influenza » (voir encart pour les indications). On
estime que seulement 29% de ces personnes ont reçu le vaccin contre l’influenza en 2001-2002 à Montréal-Centre sur une population cible estimée à
155 195. Or l’objectif est d’en rejoindre au moins 50 %.
Pourquoi ne sont-elles pas
vaccinées ?
Plusieurs raisons expliquent la non-vaccination contre
l’influenza, entre autres :
• le manque de recommandation de la vaccination par
le médecin parce qu’il :
- ne perçoit pas la gravité de la pathologie du patient
comme un facteur de risque,
- pense que le spécialiste le fera, alors que ce dernier
croit que l’omni le fera,
- attend l’automne pour en parler,
- ne sait pas où référer,
- méconnaît la liste des maladies chroniques justifiant
la gratuité de la vaccination;
• l’inaccessibilité à la vaccination;
• la méconnaissance par le patient qu’il fait partie d’un
groupe à risque de complications;
• la croyance à l’inefficacité ou à l’inutilité du vaccin;
• la crainte des effets secondaires;
• la peur reliée à l’injection;
• la croyance que le vaccin cause la maladie;
• le refus du patient de se faire vacciner.
Que risquent ces personnes non
vaccinées ?
Plusieurs études ont démontré que les risques de compli-
cations, d’hospitalisations et de décès suite à l’influenza
sont plus élevés chez les personnes de tout âge ayant
certaines maladies chroniques, chez les personnes âgées


1
Octobre 2002
MALADIES INFECTIEUSES
Pourquoi certains de vos patients ne sont-ils pas vaccinés contre l’influenza ?
Le leur avez-vous offert ou recommandé ?
révention
en pratique médicale
de plus de 65 ans et chez les très jeunes enfants que chez
les personnes en santé (jeunes et adultes) (ACIP 2002).
Les complications les plus fréquentes de l’influenza sont :
la bronchite, la sinusite, la pneumonie, l’otite moyenne
et des infections bactériennes secondaires. Plus
rarement l’influenza peut entraîner une myocardite, une
myosite, une encéphalite, un syndrome de Guillain et
Barré et un syndrome de Reye. De plus, l’influenza peut
exacerber une maladie chronique sous-jacente
(ex.: débalancement d’un diabète).
Les décès reliés à l’influenza peuvent résulter d’une
pneumonie aussi bien que de la détérioration d’une
maladie cardio-pulmonaire et d’autres maladies
chroniques. Les maladies cardiaques et pulmonaires
chroniques sont, et de loin, les facteurs de risque les
plus importants de mortalité lors d’une grippe (cf.
tableau 3, page 3).
Le vaccin est-il efficace ?
Les bénéfices de la vaccination contre l’influenza sont
universellement reconnus. L’efficacité du vaccin varie
cependant selon
• l’âge;
• l’immunocompétence de l’individu;

• la similitude entre les souches virales utilisées dans
le vaccin et celles qui circulent pendant la saison
grippale.
Les études ont démontré que pour prévenir la maladie le
vaccin contre l’influenza a une efficacité de 70% à 90%
chez les personnes jeunes en bonne santé. Les personnes
atteintes de maladies chroniques et les personnes âgées
peuvent développer un titre d’anticorps plus bas que les
jeunes adultes en santé et demeurent ainsi plus suscep-
tibles aux infections par les virus de l’influenza des
voies respiratoires supérieures. Même si le vaccin a une
efficacité limitée chez ces personnes, il est efficace
pour prévenir les complications secondaires et réduire le
risque des hospitalisations et des décès reliés à
l’influenza. Par ailleurs, la vaccination contribue à
réduire les coûts du système de santé.
La recommandation faite par un
professionnel de la santé joue souvent
un rôle primordial dans la décision de se
faire vacciner ou non (CCNI, 2002).
La campagne de vaccination débute le 1
er
novembre 2002. Les groupes ciblés sont
les mêmes qu’en 2001.
• Identifier les patients à risque.
• Recommander la vaccination à toutes les personnes
à risque ainsi qu’au personnel qui les soigne et aux
contacts domiciliaires des personnes atteintes de
maladies chroniques.
• Recourir à des stratégies qui permettent de

rejoindre le maximum de personnes.
• Vacciner ou référer vos patients pour la vaccination.
Et faites-vous vacciner
En plus de se protéger et d’éviter la transmission,
le médecin qui se fait vacciner contre l’influenza
est plus enclin à vacciner ses patients.
Comment ne pas
les oublier ?
La vaccination contre l’influenza
est associée à une réduction
• de 34% à 44% des visites médicales pour des symp-
tômes respiratoires dus à l’influenza dans tous les
groupes d’âge,
• de 25 % de la prise d’antibiotiques,
• de 30% à 70% des hospitalisations pour pneumonie
ou grippe (personnes âgées vivant en milieu ouvert),
• de 50% à 60% des hospitalisations pour pneumonie
ou grippe (personnes âgées vivant en milieu fermé),
• de 80% des décès chez les personnes à risque (en
milieu fermé),
• de 32% à 45 % de l’absentéisme au travail chez les
adultes. (ACIP, 2002 ; MMWR, 2002).
Inscrivez-vous comme médecin vaccinateur auprès de Madame Gisèle Octeau, (514) 528-2400, poste 3845
Le médecin a un rôle à jouer
2
Pré vention en pratique mé dicale, Octobre 2002
La période intensive de vaccination à chaque automne
nécessite beaucoup d’énergie que ce soit dans vos cabi-
nets de pratique, vos cliniques externes, vos centres
pour personnes âgées, vos cliniques de santé au travail,

ou que ce soit en milieu hospitalier. Les efforts fournis
par tous d’année en année nous rapprochent des objec-
tifs visés. Cependant, la population vieillit, les maladies
chroniques augmentent avec l’âge, la composition du
vaccin change à chaque année, la période de temps pour
la vaccination (de la disponibilité du vaccin à l’arrivée
de la saison grippale) est courte. Seules une bonne pré-
paration et une meilleure organisation permettront de
rejoindre un plus grand nombre de personnes à risque
avant l’arrivée de la saison grippale (qui commence
habituellement à la mi-décembre).
Campagne annuelle de vaccination contre l’influenza
« Vade-mecum » du succès
Les interventions permettant d’accroître la vaccination
ont été recensées dans différents écrits (CDC, 1999,
MMWR, June 18; Monto et Thacter, 1999; Gyorkos T.W.
et al, 1994). Le tableau suivant présente les stratégies
recommandées (R) et fortement recommandées (FR)
regroupées en trois champs d’actions.
Interventions visant à augmenter
la demande pour l’immunisation
• Interventions à multiples composantes qui incluent
l’éducation s’adressant à la population à vacciner
(ex.: information aux patients et aux vaccinateurs,
dépliants et affiches) (FR).
• Système de rappel aux patients ou aide mémoire
(ex.: téléphone, lettre, carte postale) (FR).
Interventions améliorant l’accessibilité
aux services de vaccination
• Réduction des coûts (ex.: vaccination gratuite pour

les groupes cibles du MSSS) (FR).
• Extension de l’accessibilité à la vaccination (ex.:
ajout d’heures de cliniques, offrir la vaccination aux
moments les plus pratiques pour les patients et le
personnel soignant, diminuer les barrières adminis-
tratives) (FR).
• Vaccination offerte dans le cadre d’autres interven-
tions (ex.: lors d’une visite sur rendez-vous, sans-
rendez-vous ou en cliniques externes) (R).
• Visites à domicile (R).
Interventions ciblant
les vaccinateurs
• Rappel aux vaccinateurs (ex.: auto-collant au dossier
du patient, liste informatisée )(FR).
• Délégation de l’acte vaccinal (FR).
• Nommer une personne responsable de l’organisation
de la vaccination (R).
Stratégies de vaccination reconnues comme efficaces
Un sondage Léger & Léger a révélé que 40% des personnes
avaient choisi de se faire vacciner suite à la recomman-
dation faite par un médecin.
Les recommandations des experts du Comité consultatif
national sur l’immunisation (CCNI) stipulent que « les
travailleurs de la santé et leurs employeurs ont le devoir
de promouvoir activement et de mettre en œuvre les
recommandations relatives à l’immunisation antigrippale
afin de réduire le risque d’infection et de complications
dans les populations vulnérables dont ils s’occupent; ils
doivent également eux-mêmes s’y conformer » (CCNI
2002).

Le Groupe d’étude canadien sur l’examen médical pério-
dique préconise aussi que les médecins fassent la pro-
motion active de la vaccination auprès des groupes à
haut risque.
Le tableau 1 présente des recommandations générales et
le tableau 2, page suivante, distribue par lieu de pra-
tique, certaines interventions basées sur des stratégies de
vaccination reconnues comme efficaces. Elles sont la clef
du succès. Puisque les obstacles à la vaccination diffèrent
d’un milieu à l’autre, d’autres interventions peuvent s’avérer
également nécessaires.
Tableau 1. Recommandations générales pour la vaccination contre l’influenza
• Informer et recommander la vaccination à chaque personne des groupes ciblés, tout au cours de l’année.
• Identifier, tout au cours de l’année, tous les patients éligibles à la vaccination, identifier leur dossier et
établir une liste de rappel annuel et automatique.
• Utiliser le matériel promotionnel comme des affiches et dépliants pour sensibiliser les personnes à risque.
• À chaque automne, profiter de la visite de vos patients pour leur offrir, sur place, le vaccin (s’il n’y a pas de
contre-indication).
• Organiser des cliniques spéciales de vaccination à chaque automne.
• Effectuer des relances pour la vaccination (ex. : téléphone ou envoi postal).
• Accroître l’accessibilité à la vaccination en :
- prolongeant les plages horaires;
- augmentant le nombre de cliniques de vaccination;
- ciblant différents endroits stratégiques où l’on pourrait rejoindre la population à risque.
• Avoir les vaccins disponibles sur place (à proximité dans la salle d’examen tout en maintenant la chaîne de froid).
• Nommer un coordonnateur pour les cliniques de vaccination de masse.
3
Pré vention en pratique mé dicale, Octobre 2002
*Prévenir les éclosions
en milieu fermé

• Viser un taux élevé de vaccination.
• Avoir en sa possession le guide de prévention des
éclosions d’influenza en milieu fermé (vous pouvez
vous procurer ce guide à la DSP 528-2400, poste 3831).
• Mettre en place un système de surveillance des
syndromes d’allure grippale (SAG).
• Nommer une personne responsable de la surveillance
et de la centralisation des données.
• Pouvoir identifier rapidement une éclosion (avoir ce
qu’il faut pour des prélèvements et une entente avec
un laboratoire pouvant identifier rapidement l’influenza).
• S’assurer d’avoir un résultat de créatinine datant de
moins d’un an au dossier du résident (pour pouvoir
offrir rapidement de l’amantadine au besoin).
• Avoir une prescription d’amantadine au dossier des
résidents en prévision d’une éclosion d’influenza.
• Conseiller aux visiteurs de reporter leur visite s’ils ont
des symptômes d’allure grippale.
N’oubliez pas que
Votre savoir sur la vaccination contre l’influenza jumelé
au poids de vos recommandations peuvent convaincre
vos patients à risque ou leurs contacts. Nous sollicitons
donc votre collaboration pour :
• Offrir la vaccination à chaque patient visé par le
programme de gratuité.
• Lui rappeler les bienfaits de la vaccination.
• L’éclairer sur les mythes qu’il entretient peut-être face
à l’influenza et à la vaccination.
• Soupeser avec lui le pour et le contre d’une vaccination
en 2002 et porter une attention spéciale à un

syndrome oculo-respiratoire (SOR) antérieur.
• Offrir ou recommander aussi la vaccination aux
personnes appartenant aux autres groupes cibles de
ce programme gratuit :
- les personnes de 60 ans et plus, sans égard à leur état
de santé;
- aux soignants des patients à risque et aux contacts
domiciliaires des personnes atteintes d’une maladie
chronique. S’ils accompagnent leurs proches lors de la
visite, profitez de leur présence pour les vacciner ou
leur donner un rendez-vous.
• Référer vos patients à d’autres vaccinateurs (CLSC ou
autres cliniques) si vous ne vaccinez pas vous-mêmes.
Tableau 2. Recommandations spécifiques selon les lieux de pratique pour la vaccination contre l’influenza
Visites sans-rendez-vous :
Actuellement environ 30% des Montréalais n’ont pas
de médecin de famille. Si leur état de santé se
déséquilibre, le plus souvent ces personnes consultent
sans rendez-vous. Cette visite est peut-être la seule
occasion de leur offrir la vaccination.
• À chaque automne, prendre l’habitude de recom-
mander et d’offrir la vaccination aux patients à
risque à la fin de chaque consultation, s’il n’y a
pas de contre-indication.
• Envisager la possibilité d’avoir une infirmière qui
peut vacciner sur place durant les heures de sans
rendez-vous.
• En plus des cliniques de sans rendez-vous
habituelles, organiser à l’automne des cliniques
spécifiques de vaccination contre l’influenza.

Centre hopitalier de soins généraux et spécialisés
(CHSGS)
• Le CMDP peut et devrait déléguer aux infirmières
l’acte de vacciner contre l’influenza et contre le
pneumocoque.
• Offrir la vaccination aux patients à risque qui
consultent à la clinique externe et à l’urgence.
• Offrir la vaccination aux patients à risque hospitalisés.
• Offrir la vaccination aux patients à risque hospitalisés
qui reçoivent leur congé.
• Organiser chaque automne, sur place, des cliniques
de vaccination pour tout le personnel soignant.
Centre hospitalier de soins de longue durée
(CHSLD)
• Le CMDP peut et devrait déléguer l’acte de vacciner
contre l’influenza.
• Demander un consentement à cette vaccination
annuelle dès l’admission des résidents.
• Offrir la vaccination à tous les bénéficiaires à tous
les mois de novembre.
• Offrir la vaccination à tout nouveau résident non
vacciné, dès son arrivée, même si la saison grip-
pale est commencée.
• Organiser chaque automne des cliniques de vacci-
nation pour tout le personnel soignant.
• Se donner pour objectif de couverture vaccinale:
80% chez les résidents
60% chez le personnel
afin de réussir à prévenir les éclosions. *(voir ci-bas)
Pensez aussi au vaccin contre

le pneumocoque
• Profiter de la campagne de vaccination
contre l’influenza pour vacciner contre
le pneumocoque les personnes éligibles
qui n’ont pas encore reçu ce vaccin.
• Le vaccin contre le pneumocoque est
généralement administré une seule fois
au cours de la vie contrairement au
vaccin contre l’influenza qui est admi-
nistré à chaque année.
• Enregistrez la vaccination auprès de la
DSP en utilisant le bordereau spécifique
fourni avec ce vaccin (sauf CLSC).
Tableau 3. Taux de décès par 100 000 personnes par catégorie
de maladies chroniques durant une épidémie de grippe
Catégorie de maladies Taux de décès par 100 000 personnes
Adulte en santé 2
Maladie cardio-vasculaire 104
Maladie pulmonaire 240
Maladie cardio-vasculaire et diabète 481
Maladie cardio-vasculaire et pulmonaire 870
Tiré du supplément de l’Actualité médicale, 26 janvier 2000, Dr. G.Boivin
Association
des Médecins
Omnipraticiens
de Montréal
4
Prévention en pratique médicale, Octobre 2002
Un bulletin de la Direction de santé publique
de Montréal-Centre publié avec la collaboration de

l’Association des médecins omnipraticiens de Montréal
dans le cadre du programme Prévention en pratique médicale
coordonné par le docteur Jean Cloutier.
Ce numéro est une réalisation de l’unité
Maladies infectieuses.
Responsable de l’unité : D
r
John Carsley
Rédactrice en chef : D
r
Monique Letellier
Édition : Blaise Lefebvre
Infographie : Manon Girard
Rédacteurs : D
r
Denise Beauséjour
Bakary Camara, M.Sc.
Collaborateurs : D
r
Renée Paré
D
r
David Dunn
1301, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H2L 1M3
Téléphone : (514) 528-2400, télécopieur : (514) 528-2452

courriel:
Dépôt légal – 4
e
trimestre 2002

Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN : 1481-3734
Numéro de convention : 40005583
L’influenza en 11 questions
Q.7 Qu’est-ce que le SOR (syndrome oculo-respiratoire) ?
R. Au cours de la saison 2000-2001, on a signalé au Canada
un nombre accru de manifestations cliniques associées à la
vaccination contre l’influenza et caractérisées par une
atteinte oculo-respiratoire. La définition retenue par les
experts au Québec pour la saison dernière 2001-2002 était :
« La présence d’au moins un des symptômes suivants ayant
débuté dans les 24 heures suivant la vaccination contre
l’influenza : rougeur oculaire bilatérale ou symptômes respi-
ratoires (toux, mal de gorge, difficulté à respirer, sifflement
respiratoire ou serrement thoracique) ou oedème du
visage. »
Dans la majorité des cas déclarés, il s’agissait de symptômes
légers qui disparaissaient spontanément après quelques
heures.
Q.8 Combien de cas liés au SOR ont été déclarés au
Québec ?
R. Au Québec, en 2001-2002, 410 incidents ont été
déclarés dont 60 pour la région de Montréal (sur 370 480
doses distribuées). En 2000-2001, le Québec enregistrait
650 cas dont 106 pour la région de Montréal (sur 372 260
doses distribuées dans la région). Quelques cas d’hospitali-
sation ont été signalés mais aucun décès n’a été relié au
SOR.
Q.9 Quelle est la cause du SOR ?

R. En 2000, une des hypothèses émises pour expliquer le
nombre accru de SOR était l’accumulation d’agrégats viraux
observés dans le vaccin Fluviral S/F® de Shire, particulière-
ment avec la souche A/H3N2/Panama/99. Un agent de
fragmentation différent a été utilisé en 2001 pour réduire la
quantité d’agrégats. Ces interventions ont réduit la
fréquence de survenue du SOR sans l’éliminer, pour atteindre
un niveau tel que les 2 vaccins utilisés en 2001 avaient des
niveaux comparables de survenue du SOR. Le SOR est sur-
venu chez environ 5% des personnes vaccinées.
Une étude comparative des 2 vaccins a permis d’observer
que la probabilité de survenue du SOR était 10 fois plus
élevée chez les personnes ayant déjà fait un SOR, quel que
soit le vaccin utilisé, par rapport à l’ensemble de la popula-
tion. En général, les symptômes étaient de même intensité
ou moindres.
Q.10Comment évaluer l’intensité du SOR ?
R. L’évaluation de la gravité des symptômes du SOR se
fonde sur la perception du sujet et du vaccinateur. Après
avoir interrogé une personne au sujet de ses symptômes, le
professionnel de la santé peut classer le SOR selon l’échelle
de gravité suivante :
Léger = facilement toléré (symptômes présents mais pas de
problème particulier et pas de changement notable dans les
activités habituelles).
Modéré = interfère avec les activités quotidiennes (les
symptômes ont été dérangeants et ont amené un change-
ment des activités habituelles ou une prise de médication).
Sévère = empêche les activités quotidiennes (a été inca-
pable de travailler, de dormir, etc.).

Q.11 Quelle conduite tenir pour la vaccination après un SOR ?
R. Au moment de mettre ce bulletin sous presse, les recom-
mandations du MSSS pour la prochaine saison (2002-2003)
ne sont pas encore disponibles. Ces recommandations
seront acheminées à tous les vaccinateurs de la région dès
révention
en pratique médicale
Q.1 Doit-on vacciner des patients après le mois de
décembre ?
R. Oui, surtout si l’influenza n’est pas encore parvenu dans
la communauté.
L’idéal est de vacciner avant la saison grippale, donc en
octobre, novembre et décembre. Deux semaines sont néces-
saires à la production d’un titre approprié d’anticorps pro-
tecteurs. Cependant, il n’est jamais trop tard pour protéger
une personne à risque, même si la saison est en cours. On
peut suivre l’activité grippale sur le site Internet de la
Santé publique pour vérifier si la vaccination présente
encore des avantages après le mois de janvier.
Q.2 Le vaccin actuel contre l’influenza peut-il causer
la grippe ?
R. Non. Le vaccin contient 3 souches de virus inactivés
(virus tués et fragmentés). Le vaccin ne peut donc pas donner
la grippe.
Q.3 Est-ce possible de faire un syndrome d’allure grippale
(SAG) post-vaccination ?
R. Outre l’influenza, plusieurs agents infectieux circulent à
l’automne et en saison grippale et peuvent infecter les
voies respiratoires (ex.: virus respiratoire syncytial, para-
influenza, adénovirus, mycoplasma…) causant des symp-

tômes pouvant être à tort attribués au virus de l’influenza
ou au vaccin. Il est possible que même vaccinée une per-
sonne fasse une influenza, si la souche n’est pas incluse
dans le vaccin ou si la personne n’a pas développé une
immunité suffisante. Dans ce dernier cas, les symptômes
sont cependant généralement moins sévères.
Q.4 Doit-on vacciner une femme enceinte parce qu’elle
habite avec une personne atteinte d’une maladie
chronique ?
R. Au Canada, la seule indication claire de vacciner une
femme enceinte (à n’importe quel stade de la grossesse) est
lorsque cette femme fait partie elle-même d’un groupe à
risque de complications de l’influenza.
Q.5 Doit-on vacciner les visiteurs réguliers des personnes
vivant en CHSLD ?
R. Oui, il faut leur offrir la vaccination en leur expliquant le
bien-fondé de celle-ci et que le vaccin est gratuit pour eux.
Tout comme le personnel soignant, les visiteurs des personnes
en institution sont susceptibles de leur transmettre l’in-
fluenza. Ils font donc partie des groupes cibles de vaccina-
tion gratuite.
Q.6Un patient avec une insuffisance cardiaque
compensée consulte pour une IVRS légère. Peut-on
le vacciner malgré son IVRS ?
R. Oui. Une maladie bénigne, telle qu’une légère infection
des voies respiratoires supérieures, ne justifie pas de
reporter la vaccination.
On doit reporter la vaccination en présence de maladies
fébriles aiguës, afin que les effets secondaires du vaccin ne
s’ajoutent pas à la maladie sous-jacente ou que l’on ne

prenne, de façon erronée, un symptôme de la maladie sous-
jacente pour un effet de la vaccination. Les contre-indications
à la vaccination sont l’allergie de type anaphylactique aux
oeufs ou au vaccin lors d’une vaccination antérieure.
Il serait prudent d’éviter de revacciner une personne ayant
développé un syndrome de Guillain et Barré dans les 6
semaines suivant une vaccination antérieure contre
l’influenza.
que nous les recevrons. Les recommandations émises par
Santé Canada sont disponibles dans le supplément du relevé
des maladies transmissibles au Canada (RMTC) du 1
er
septembre
2002.
Pour les indications générales, vous pouvez consulter le site
internet de la santé publique de Montréal–Centre ou celui du
MSSS pour accéder au Protocole d’immunisation du Québec
(PIQ) traitant des vaccins contre l’influenza (chapitre 10).
Quoi qu’il en soit, le consentement éclairé des sujets doit
être obtenu pour tout type de vaccination. Dans le cas de la
vaccination contre la grippe, le patient doit être informé sur
le risque de complications dues à la grippe, les avantages de
l‘immunisation contre la grippe ainsi que les effets
secondaires possibles dont le SOR. Le médecin ou le vaccina-
teur, devrait donner l’information sur le taux de récurrence
du SOR aux personnes ayant déjà souffert de ce syndrome.
Il est recommandé de rapporter les effets secondaires suite
à une vaccination contre la grippe sur le formulaire ESPRI qui
est disponible sur le site web de la DSP en page 8 du
document : />pdfppm/ppmmai01.pdf.

www.santepub-mtl.qc.ca
révention
en pratique médicale
c’est aussi une chronique
bimensuelle Internet
Mise à jour - Juillet 2002
Indications
1
quant à la vaccination gratuite contre l’influenza et le pneumocoque
Vaccin gratuit contre Vaccin gratuit contre
Indications l’influenza le pneumocoque
(annuellement) (une fois / vie)
Maladie cardiaque chronique assez sévère pour nécessiter un suivi médical régulier ou des soins hospitaliers Oui Oui
Exemples : insuffisance cardiaque, cardiomyopathie
Maladie pulmonaire chronique assez sévère pour nécessiter un suivi médical régulier ou des soins hospitaliers Oui Oui, à l'exception de l'asthme
2
Exemples : maladie pulmonaire obstructive chronique, emphysème, dysplasie bronchopulmonaire, fibrose kystique, asthme
Néphropathie chronique Oui Oui
Exemples : insuffisance rénale chronique, syndrome néphrotique
Diabète ou autre maladie métabolique Oui Oui
Affection associée à l'immunosuppression Oui Oui
Exemples : leucémie, lymphome, maladie de Hodgkin, myélome multiple, néoplasie généralisée,
traitement immunosuppresseur
3
, greffe d'organe ou de moelle osseuse
3
Cancer Oui Oui
Infection à VIH
(symptomatique ou non)
6

Oui
4
Oui
Anémie ou hémoglobinopathie Oui Non,
sauf anémie falciforme
5
Asplénie anatomique ou fonctionnelle
5,6
Oui Oui
Maladie hépatique chronique
6
Oui Oui
Exemples : cirrhose, alcoolisme chronique
Écoulement chronique de liquide céphalorachidien Non Oui
Traitement prolongé à l'acide acétylsalicylique Oui Non
8
pour les jeunes âgés de 6 mois à 18 ans
Femmes enceintes Oui, si présence d'une des Indiqué seulement
conditions susmentionnées si le risque le justifie
7
quel que soit le stade de la grossesse
EN FONCTION DE L’ÂGE
Personnes de tout âge résidant dans des CHSLD Oui Non
8
Personnes âgées de 65 ans ou plus Oui Oui
Personnes âgées de 60 à 64 ans Oui Non
8
EN FONCTION DES CONTACTS
Personnes qui ont de nombreux contacts avec des sujets à risque Oui Non
8

Exemples : personnel soignant, bénévoles
Personnes qui habitent avec des sujets à risque particulièrement avec ceux confinés à leur domicile Oui Non
8
1. Le présent tableau a été adapté du Protocole d'immunisation du Québec (PIQ) pour faciliter la mise en œuvre d'une vaccination de masse. Ce tableau mentionne seulement les indications pour la vaccination
gratuite contre l’influenza à partir de l’âge de 6 mois et contre le pneumocoque à partir de 2 ans. Voir le PIQ pour l'ensemble des indications.
2. L'asthme n'a pas été associé à un risque accru de pneumococcie invasive à moins d'être accompagné d'une bronchite chronique, d'un emphysème ou d'une corticothérapie systémique par voie orale
(en comprimés) de longue durée.
3. Il est préférable de vacciner une personne entre 10 à 14 jours au moins avant le début d'un traitement immunosuppresseur.
4. Certains rapports laissent croire que les symptômes de la grippe persisteraient plus longtemps et que les risques de complications seraient plus grands chez certains sujets infectés par le VIH. Selon les
résultats d’un essai randomisé, la charge virale n’augmente pas à la suite de la vaccination contre l’influenza.
5. Il est préférable de vacciner une personne entre 10 à 14 jours au moins avant une splénectomie, si applicable. Elle devrait également recevoir les vaccins contre le Hib et le méningocoque (voir le PIQ).
6. PIQ, pages 20 et 382.
7. L'innocuité de ces vaccins pendant le premier trimestre de la grossesse n'a pas été évaluée ; cependant, ces vaccins étant inactivés, le risque est considéré comme négligeable. Ne vacciner une personne
qu'en cas d'indication claire.
8. À moins de présenter une des autres conditions susmentionnées pour lesquelles le vaccin est indiqué.
Contre-indications (•) et précautions (-)
Vaccin contre l’influenza Vaccin contre le pneumocoque
• Maladie fébrile aiguë• Maladie fébrile aiguë
• Allergie de type anaphylactique à l'une ou l'autre des • Allergie de type anaphylactique à l'une ou l'autre
composantes du vaccin, incluant les œufs des composantes du vaccin
- Il serait prudent d'éviter de revacciner une personne - Dans le cas où une revaccination est indiquée (voir le Protocole
ayant développé un syndrome de Guillain et Barré dans les six d'immunisation du Québec), il est important de respecter un intervalle
semaines suivant une vaccination antérieure contre l'influenza. minimal afin de réduire les risques d'effets secondaires.
- En cas de SOR antérieur se référer au PIQ, chapitre 10 (recommandations 2002). - Ne revacciner qu'une seule fois.
- Une prescription médicale individuelle est requise pour la vaccination
des personnes séropositives au VIH avec les vaccins «23-valents».
EN FONCTION DE L’ÉTAT DE SANTÉ
Encart dans Prévention en pratique médicale, Octobre 2002
Bilan de la campagne
de vaccination 2001-2002

En 2001-2002, à Montréal-Centre, 370 480 doses de vaccin ont été distribuées dans
874 points de vaccination de la région. Selon les données retournées par 92 % des
vaccinateurs, plus de 279 400 doses ont été administrées dont 58,8% (162 000
doses) l’ont été dans des cliniques et bureaux médicaux.
En milieu ouvert :
La proportion de personnes vaccinées en milieu ouvert est estimée à :
• 57 % pour les 65 ans et plus (nb = 147,250);
• 47 % pour les 60-64 ans (nb = 38,740);
• 29 % pour les moins de 60 ans ayant une maladie chronique (nb = 44,220);
En milieu fermé :
Bien qu’on estime qu’en moyenne 80 % des résidents vivant en milieu fermé ont été
vaccinés, il n’en demeure pas moins que 38% des CHLSD de la région ont vacciné
moins de 80% de leur clientèle. De plus, on estime que seulement 25 % des tra-
vailleurs en CHSLD ont reçu le vaccin contre l’influenza alors que l’objectif est d’en
vacciner 60% afin de diminuer le risque d’éclosion.
Calendrier d’immunisation, posologie et voie d’administration
L’information contenue dans le tableau suivant concerne les vaccins distribués
par BioChem Pharma – Shire Biologics (Fluviral S/F®) et par Aventis Pasteur
(VAXIGRIP®).
Groupe d'âge Dose Nombre de doses Voie d'administration
(1)
6 à 35 mois
(2)
0,25 mL 1 ou 2
(3)
IM
3 à 8 ans 0,5 mL 1 ou 2
(3)
IM
9 ans ou plus 0,5 mL 1 IM

Répéter annuellement si l’indication demeure.
(1)
Utiliser le muscle deltoïde pour vacciner les adultes et les enfants plus âgés,
le muscle vaste externe pour les jeunes enfants et les nourrissons. Dans le
contexte de l’immunisation, le muscle dorsofessier est réservé à l’injection
des immunoglobulines; pour plusieurs vaccins, ce site est moins immunogène.
(2)
Les vaccins actuels contre l’influenza ne sont pas recommandés pour les
enfants de moins de 6 mois car ils sont peu immunogènes avant cet âge.
(3)
Chez les enfants de moins de 9 ans qui n’ont jamais reçu de vaccin contre la
grippe, administrer deux doses à quatre semaines d’intervalle. Toutefois, la
seconde dose est inutile si un enfant a reçu au moins 1 dose du vaccin au
cours d’une saison grippale antérieure.
Composition du vaccin pour la saison 2002-2003
Dans l’hémisphère Nord, le vaccin contiendra les souches suivantes
(ou des souches apparentées) à :
• A/New Caledonia/20/99 (H1N1);
• A /Moscow/10/99 (H3N2);
(A/H3N2/Panama/2007/99 est la souche apparentée utilisée),
• B /Hong-Kong/330/2001;
(B/Shangdong/7/97 est la souche apparentée utilisée).
Pour la troisième année consécutive, les deux souches A sont les
mêmes, seule la souche B est modifiée.
• www.msss.gouv.qc.ca/f/sujets/index.htm
• www.hc-sc.gc.ca/flash/grippe
• www.cdc.gov/ncidod/diseases/flu/fluvirus.htm
• www.hc-sc.gc.ca/pphb-dgspsp/publicat/ccdr-rmtc/02vol28/28sup/dcc6.html
et 02vol28/28sup/dcc5.html (recommandations 2002-2003)
• />• www.who.int/emc/diseases/flu

• www.influenza.cpha.ca
Quelques références sur Internet
• www.santepub-mtl.qc.ca
(voir « Maladies infectieuses » /« Info-Grippe » et « Vaccination/PIQ »)
Proportion de personnes vaccinées à Montréal-Centre selon
les groupes cibles et les objectifs visés pour les saisons
2000-2001 et 2001-2002
(estimation*)
En milieu ouvert
Groupes cibles % de la population Objectifs Population cible
rejointe visés
2000-2001 2001-2002 % (nombre)
65 ans et plus 54,7% 57% 60% (276 988)
60-64 ans 42,7% 47% 55% (82 567)
<60 ans
Malades chroniques 26% 29% 50% (155 195)
(incluant les enfants)
Population totale (estimée) à rejoindre (514 750)
*Estimation de la couverture vaccinale contre l'influenza pour Montréal-Centre.
Cette estimation est faite à partir des données que nous retournent les vacci-
nateurs de la région et du nombre estimé de malades chroniques fourni par le
MSSS.
Encart dans Prévention en pratique médicale, Octobre 2002
Montréal-Centre
Province de Québec
Objectif
Couverture vaccinale contre l’influenza des personnes âgées
de 65 ans et plus (milieu ouvert)
révention
en pratique médicale

CANCER DU SEIN
L’exemple d’un dépistage systématique
Les programmes de dépistage du cancer du
sein, tels qu’ils existent aujourd’hui sur une
base de population, ont été précédés de nom-
breuses études randomisées dans plusieurs
pays y compris le Canada. Ces études évaluant
le rôle de la mammographie ont débuté il y a
40 ans, et ont démontré, grâce à la mammogra-
phie de dépistage, une réduction de la morta-
lité attribuable au cancer du sein de l’ordre de
25 %. Au Canada, le premier programme de
dépistage du cancer du sein sur une base de
population a démarré en 1988 en Colombie-
Britannique, celui du Québec dix ans plus tard,
en 1998. Les résultats globaux du Programme
québécois de dépistage du cancer du sein
(PQDCS) par région sont indiqués au Tableau 1.
Pour l’année 2000-2001, le taux moyen de par-
ticipation des femmes à ce programme n’était
que de 43,4 %. Cependant, le taux de partici-
pation des femmes de Montréal n’est que de
32,2 % et le taux de couverture mammo-
graphique (examens mammographiques dia-
gnostiques bilatéraux et de dépistage confon-
dus) n’est que de 59,7 %. Ce taux est parmi les
plus faibles au Québec, alors que la population
admissible (femmes entre 50 et 69 ans) de
Montréal (211 000 femmes) représente le quart
de la population admissible du Québec. La col-

laboration des médecins omnipraticiens du
Québec est donc nécessaire afin d’améliorer ces
résultats.
Tableau 1 : Proportion des femmes ayant eu recours à la mammo-
graphie sur une période de 24 mois, par région de résidence
Taux PQDCS %
1999-2000
47,8
46,8
55,9
32,9
35,5
54,1
41,1
47,9
44,4
42,1
Taux PQDCS %
2000-2001
50,7
50,4
55,3
32,2
38,8
65,3
60,1
25,6
57,1
41,7
48,9

37,0
47,5
43,4
Taux RAMQ* %
1997-1998
58,8
53,2
64,7
53,1
49,4
55,8
66,4
54,6
58,5
56,1
57,3
57,6
56,4
55,9
Taux RAMQ* %
1999-2000
67,1
65,0
71,2
59,7
57,2
68,1
73,2
54,0
68,7

63,0
63,5
61,9
64,5
63,2
Région de
résidence
Québec
Mauricie et CQ
Estrie
Montréal-Centre
Outaouais
Abitibi-Témiscam.
Nord-du-Québec
Gasp-Îles-de-la-M.
Chaudière-Appal.
Laval
Lanaudière
Laurentides
Montérégie
Moyenne québécoise
* Ce taux inclut les mammographies de dépistage et diagnostiques
Source : Centre d’expertise en dépistage-INSPQ, 2002.
Un programme de dépistage
systématique
Un programme de dépistage systématique vise
toute une population déternimée. C’est ce qui le
distingue du dépistage dit «opportuniste» (par
exemple le Pap test dans les provinces où le
dépistage systématique n’existe pas) effectué par

le médecin chez les individus qui le consultent peu
importe la raison. Par contre, un programme de
dépistage systématique est, tout comme le
dépistage «opportuniste», un service, et non un
projet de recherche avec lequel il est parfois con-
fondu. Du fait de viser l’ensemble d’une
population ciblée exige une organisation permet-
tant, entre autres :
• d’identifier la population admissible
• de l’inviter à participer
• de développer des stratégies de recrutement
visant les personnes non participantes
• de mettre en œuvre un système de relance
• de s’assurer du suivi des résultats anormaux par
le médecin référant
• d’assurer la surveillance et l’évaluation épidé-
miologiques du processus et des résultats sur
une base continue
• de mettre en œuvre un programme d’assurance
et de contrôle de la qualité s’adressant aux
professionnels impliqués.
Un haut standard de performance de la part des
professionnels est requis afin de maximiser la
détection précoce de la maladie tout en
minimisant les effets néfastes du dépistage.
L’effet optimum auquel on peut s’attendre d’un
programme de dépistage dans une population
dépend non seulement de la compétence des pro-
fessionnels mais également des caractéristiques du
test, c’est-à-dire de sa sensibilité, de sa spécificité

et de certains autres paramètres. Pour atteindre
cet objectif, le programme doit s’assurer que les
indicateurs de performance spécifiques au test
soient rencontrés. C’est au programme qu’incombe
tout particulièrement la responsabilité de l’assu-
rance et du contrôle de la qualité des profession-
nels de la santé directement impliqués, respon-
sabilité qui, dans le cadre d’un programme de
dépistage systématique, vient en quelque sorte
s’ajouter à la responsabilité de chacun des profes-
sionnels. Le programme doit s’assurer que les pro-
1
Octobre 2003
2
Prévention en pratique médicale, Octobre 2003
fessionnels non seulement adhèrent aux normes
établies mais les rencontrent et qu’ils acceptent
d’apporter certains correctifs à leur pratique, si
nécessaire.
Les préalables du dépistage
La prémisse au dépistage est que la détection
précoce améliore le pronostic. Pour que le
dépistage d’un cancer soit considéré dans une po-
pulation, il faut :
1. Que la maladie soit fréquente
Au Québec, le cancer du sein représente 30 % de
tous les cancers chez la femme avec un nombre de
nouveaux cas de plus de 5 000 annuellement.
2. Qu’elle puisse être détectée à une phase
pré-clinique par un test approprié

La mammographie peut détecter non seulement
des cancers avant qu’ils ne deviennent palpables,
mais également des lésions précancéreuses.
3. Que la survie soit inversement proportionnelle
au stade de la tumeur
Une détection à un stade précoce est associé à une
meilleure survie. Par exemple, pour un stade 0
(«in situ» sans métastase ni ganglion positif), la
survie à cinq ans est de 99 %, alors qu’elle est de
65 % pour un stade II B (tumeur de cinq cen-
timètres sans ganglion positif et sans métastase)
1
.
4. Qu’il y ait des traitements capables d’en
influencer favorablement l’évolution
Avec l’avènement des traitements systémiques
alliés aux traitements locaux-régionaux, la survie
au cancer du sein s’est accrue au cours des 20
dernières années; cette amélioration a précédé la
mise en place des programmes de dépistage par
mammographie.
La détection précoce par
mammographie
La détection d’un cancer à un stade précoce,
potentiellement curable, est l’aspect primordial du
dépistage. Le stade dépend non seulement de la
durée d’évolution du cancer depuis la première cel-
lule maligne jusqu’au diagnostic (facteur temporel),
mais surtout des caractéristiques propres à la
tumeur (facteurs intrinsèques), telles que le grade

et la présence ou l’absence de récepteurs hor-
monaux, qui dans leur ensemble confèrent au can-
cer son taux de croissance et sa propension à
essaimer à distance. À partir de modèles expéri-
mentaux, cliniques et mathématiques, il est possi-
ble de démontrer qu’en général, du moins pour les
cancers fréquents (poumon, sein, prostate, côlon),
la limite de détection clinique des cancers se situe
autour du 30
ème
doublement de la première cellule
maligne, lorsque le cancer atteint un volume d’en-
viron un centimètre de diamètre. À ce moment, la
tumeur a passé la majeure partie de son évolution
dans une phase cliniquement latente au cours de
laquelle des métastases, précoces ou tardives, ont
pu se produire. Le dépistage du cancer du sein par
mammographie permet de détecter un cancer plus
précocement (facteur temporel), à un volume
inférieur à celui où la tumeur deviendrait clinique-
ment palpable. Il permet potentiellement de guérir
les cancers où des métastases tardives se seraient
produites durant l’intervalle de temps compris
entre la détection par mammographie et la détec-
tion clinique. Par contre, le dépistage n’influen-
cera pas le pronostic lorsqu’il y a présence de métas-
tases précoces.
Tous les cancers ne progressent pas à des taux de
croissance identiques : certains ont des temps de
doublement rapides, d’autres des temps de double-

ment relativement lents. Ces propriétés intrin-
sèques à la tumeur limitent l’efficacité du
dépistage qui tend à ne détecter que les tumeurs
dont la vitesse de croissance est relativement
lente. La Figure 1 illustre ces aspects.
Sensibilité et spécificité
de la mammographie
Le dépistage du cancer vise les personnes asympto-
matiques. Le test de dépistage doit donc pouvoir
détecter un cancer à un stade pré-clinique, ce qui
est le cas de la mammographie. La validité d’un
test de dépistage est principalement déterminée
par sa sensibilité et sa spécificité. On entend par
sensibilité, la proportion de personnes dans la
population ayant la maladie que l’on veut dépister
et dont le test est positif, et par spécificité, la pro-
portion de personnes sans cette maladie et dont le
test de dépistage est négatif (Tableau 2A). Un test
parfait aurait une sensibilité et une spécificité de
100 %, ce qui permettrait de distinguer avec assu-
rance les personnes atteintes de celles qui ne le
sont pas. Malheureusement ces proportions ne sont
pas atteintes par la mammographie de dépistage
dont la sensibilité et la spécificité sont globale-
ment de l’ordre de 85 % et de 95 % respectivement.
La fonction d’un test de dépistage dans une popu-
lation asymptomatique diffère de celle d’un test
diagnostique chez un individu qui présente des
signes ou des symptômes. Alors que le médecin
veut pour son patient minimiser les faux négatifs

pour confirmer le diagnostic avec le plus de fiabi-
lité possible, paradoxalement, il est extrêmement
important sur une base de population, de mi-
nimiser la proportion de faux positifs. La raison
étant que dans la population générale, le nombre
de personnes atteintes de la maladie que l’on veut
dépister est de beaucoup inférieur à celui des per-
sonnes non atteintes. Par exemple, la prévalence
du cancer du sein, tout âge confondu, est de l’or-
dre de 1 %. Pour illustrer ces concepts (Tableau
2B), considérons un test dont la sensibilité et la
spécificité seraient de 90 %, sur une population de
1 000 personnes et avec une prévalence de la ma-
ladie que l’on veut dépister de 5 %.
Sur les 50 personnes malades, le test en diagnosti-
querait 45 (90 % x 50) et chez les 950 personnes
sans cette maladie, le test serait négatif chez 855 (90
% x 950). La proportion de faux négatifs et de faux
positifs est la même (10 %) mais vu la faible préva-
lence de la maladie, le nombre absolu de faux néga-
Cycle 1 Cycle 2
T2
T1
Détection
mannographique
Détection clinique


Temps
Cancer A

Cancer B
Figure 1
1 Harrison’s Principles of Internal Medecine, 15th
Edition, 2001. D’après National Cancer Institute-
Surveillance, Epidemiology and End Results
(SEER).
Lors d’un premier cycle de dépistage, au temps T1, ni le cancer A de progression rapide, ni le cancer B de progression
lente ne seront détectés à la mammographie puisque leurs volumes se situent sous la limite de détection de ce test. Lors
du second cycle de dépistage, au temps T2, le cancer B sera dépisté par la mammographie; le cancer A apparaîtra
cliniquement entre les deux cycles de dépistage (cancer d’intervalle).
Positif
95
5
855
45
Non
Oui
MALADIE
860Négatif
TEST
Tableau 2B Exemple de sensibilité et de spécificité d’un test
Positif
3
Prévention en pratique médicale, Octobre 2003
Rôle du médecin dans le cadre du Programme
québécois de dépistage du cancer du sein
tifs dans la population est de cinq cas (10 % X
50),alors que celui de faux positifs est de 95
(10 % X 950). Les tests faux positifs provoquent
des interventions diagnostiques inutiles avec l’in-

confort et l’anxiété qu’elles entraînent. Par ailleurs,
les tests faux négatifs causent une fausse assu-
rance et peuvent conduire à des délais de diagnostic et
de traitements.
Le rôle du médecin peut
se décrire ainsi :
• Expliquer à la femme l’importance du dépistage
du cancer du sein par mammographie, les élé-
ments du Programme québécois de dépistage du
cancer du sein (PQDCS) et l’importance d’ap-
porter, lors de leur rendez-vous, les films des exa-
mens mammographiques antérieurs.
• Expliquer à la femme le rôle de l’auto-examen des
seins.
• Procéder à un examen clinique minutieux des
seins.
• Prescrire un examen mammographique de
dépistage.
• Référer la femme à un centre de dépistage
désigné (CDD) par le PQDCS pour cet examen de
dépistage.
• En présence de signes cliniques, prescrire un exa-
men mammographique de diagnostic.
• Prendre connaissance des rapports des examens
mammographiques et informer la femme ayant un
examen anormal des résultats de son examen.
•Assurer le suivi auprès des femmes ayant un
examen mammographique anormal et procéder,
selon l’évaluation clinique, aux examens complé-
mentaires suggérés par le radiologue.

• Référer les femmes à un centre de dépistage
désigné (CDD) qui effectue des examens
• Quelles sont les femmes à risque de développer
un cancer du sein?
Les facteurs de risque du cancer du sein sont,
entre autres, l’âge, l’histoire familiale, l’obésité
(femmes post-ménopausées), l’usage d’hor-
monothérapie de remplacement, les lésions pré-
néoplasiques telles que l’hyperplasie intra-
canalaire et intralobulaire, la densité mammaire
de plus de 50 % du parenchyme mammaire.
• À quelle fréquence les femmes peuvent-elles
avoir un examen mammographique de
dépistage?
Le Centre de coordination régionale (CCR) du
PQDCS de la région envoie une lettre d’invita-
tion aux femmes ciblées par le programme tous
les deux ans. Cette lettre peut servir d’ordon-
nance médicale. Cependant, il est possible à
toutes les femmes de se prévaloir d’un examen
mammographique de dépistage tous les ans
avec une ordonnance de leur médecin
spécifiant qu’il s’agit d’un examen de dépistage
et non de diagnostic.
• Quels sont les avantages pour les femmes de
participer au Programme de dépistage du
cancer du sein?
- d’être invitée par lettre à participer;
- de recevoir tous les deux ans une lettre de
rappel pour un nouvel examen mammo-

graphique de dépistage;
- de recevoir à la maison le résultat sommaire de
son examen mammographique. Dans le cas d’un
résultat anormal, la lettre lui suggère de com-
muniquer avec son médecin.
En cas d’un examen de mammographie anormal,
un suivi est fait par le CCR auprès du médecin
pour vérifier si le résultat a été reçu et si les
examens complémentaires ont été effectués, si
nécessaire.
complémentaires ou à un centre de référence pour
investigation désigné (CRID) selon les suggestions
des examens complémentaires du radiologue.
• Collaborer ou communiquer, au besoin pour toute
question ou suggestion, avec le Centre de coordi-
nation régional (CCR) du PQDCS.
Les mammographies de dépistage, qu’elles soient
demandées ou non dans le cadre du PQDCS, sont
couvertes par la RAMQ aux douze mois si elles sont
effectuées dans un CDD.
Le médecin, en particulier l’omnipraticien, est l’arti-
san principal du succès de tout programme de
dépistage. Tout d’abord, plusieurs études confirment
que le facteur le plus important qui motive la parti-
cipation à un programme de dépistage est la sug-
gestion du médecin. En ce qui concerne le
dépistage du cancer du sein, le médecin, par ses
connaissances et son attitude, conseille objective-
ment la femme sur le rôle de l’examen mammo-
graphique et sur ses effets, interprète la teneur des

rapports de radiologie et d’anatomo-pathologie, s’as-
sure du suivi d’un rapport anormal et apporte à la
femme les explications et le soutien requis.
Des réponses à vos questions
• Quelle est la population ciblée par le
Programme québécois de dépistage du cancer
du sein?
Toutes les femmes de 50 à 69 ans.
• Est-ce que les femmes de moins de 50 ans et
de plus de 70 ans peuvent se prévaloir d’un
examen mammographique de dépistage?
Oui, les femmes de 35 ans à 49 ans et les femmes
de plus de 70 ans peuvent avoir un examen mam-
mographique de dépistage. Pour ce faire, elles
doivent se présenter avec une ordonnance de leur
médecin spécifiant qu’il s’agit d’un examen de
dépistage et non de diagnostic.
Faux positifs
B
Faux négatifs
C
Vrais négatifs
D
Vrais positifs
A
Non
Oui
MALADIE
Spécificité =
D

B+D
Négatif
Sensibilité =
A
A+C
TEST
Tableau 2A Sensibilité et spécificité d’un test
Total 50 950 1000 personnes
Sensibilité 90 % / Spécificité 90 %
Total
140
• Est-ce que le médecin continuera à recevoir le
rapport de l’examen mammographique et des
examens complémentaires?
Oui. Tel qu’avant l’instauration du programme,
les cliniques de radiologie envoient aux
médecins désignés par les femmes les rapports
de l’examen de mammographie et des examens
complémentaires. Les centres de dépistage
doivent informer le médecin dans un délai de
24 à 48 heures des résultats d’un examen anor-
mal et envoyer le rapport écrit dans les cinq
jours ouvrables. En ce qui concerne un examen
normal, le rapport écrit doit parvenir au
médecin dans un délai de 10 jours ouvrables.
• Les femmes qui n’ont pas de médecin
peuvent-elles participer au programme?
Oui. La lettre d’invitation sert d’ordonnance.
Cependant, les femmes doivent donner le nom
d’un médecin lors de leur rendez-vous. Si elles

n’ont pas de médecin, elles doivent en désigner
un parmi une liste de médecins de leur quartier
qui ont accepté de recevoir les rapports des
examens mammographiques et complémentaires
de ces femmes et de faire le suivi, si nécessaire.
Association
des Médecins
Omnipraticiens
de Montréal
Un bulletin de la Direction de santé publique
de Montréal-Centre publié avec la collaboration de
l’Association des médecins omnipraticiens de Montréal
dans le cadre du programme Prévention en pratique médicale
coordonné par le docteur Jean Cloutier.
Ce numéro est une réalisation de l’unité
Santé physique.
Responsable de l’unité : D
r
Jacques Durocher
Rédacteur en chef : D
r
Claude Thivierge
Édition : Élisabeth Pérès
Infographie : Manon Girard
Rédacteurs : D
r
Pierre Band, Michèle Deschamps
Collaborateurs : Deborah Bonney, D
r
Jean Cloutier,

D
r
Monique Letellier, D
r
Jean-Pierre Villeneuve
1301, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H2L 1M3
Téléphone : (514) 528-2400

courriel:
Dépôt légal – 4
e
trimestre 2003
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN : 1481-3734
Numéro de convention : 40005583
révention
en pratique médicale
4
Centre de coordination régionale - CCR
Madame Michèle Deschamps
Coordonnatrice administrative
Direction de santé publique de Montréal
1301, rue Sherbrooke Est
Montréal (Québec) H2L 1M3
(514) 528-2400, poste 3567
(514) 528-2423
Centres de dépistage désignés - CDD
Est
Centre de radiologie Hochelaga

8695, rue Hochelaga, bureau 101
Montréal (Québec) H1L 6J5
(514) 353-5730
Les Services Radiologiques Maisonneuve
5345, boulevard l’Assomption, bureau 130
Montréal (Québec) H1T 4B3
(514) 254-0286
Nord
Centre Radiologique Fleury Inc.
2320, rue Fleury Est
Montréal (Québec) H2B 1K9
(514) 389-3508
Diagnostic Image Inc.
(Radiologie Bois-de-Boulogne)
1575, boulevard Henri-Bourassa Ouest,
bureau 150
Montréal (Québec) H3M 3A9
(514) 331-8212
Ouest
Centre de radiologie West Island inc.
175, chemin Stillview, bureau 350
Pointe-Claire (Québec) H9R 4S3
(514) 697-9940
Sud-Ouest
Clinique radiologique de Verdun
50, avenue de l’Église
Verdun (Québec) H4G 2L9
(514) 769-8828
Radiologie Médicentre LaSalle inc.
(Rad-Echo LaSalle inc.)

1500, rue Dollard, bureau 101
LaSalle (Québec) H8N 1T5
(514) 365-7766
Centre-Est
Léger et Associés, Radiologistes
1851, rue Sherbrooke Est, bureau 201
Montréal (Québec) H2K 4L5
(514) 523-2121
Radiologie Varad
4, Complexe Desjardins
Basilaire I, bureau 300
Case postale 91, succursale Desjardins
Montréal (Québec) H5B 1B2
(514) 281-1355
Centre-Ouest
Centre d’imagerie diagnostique
Complexe de santé Reine Élizabeth
2100, avenue Marlowe
Montréal (Québec) H4A 3L5
(514) 485-5115
La clinique radiologique Clarke inc.
5885, chemin Côte-des-Neiges, bureau 309
Montréal (Québec) H3S 2T2
(514) 738-1164
Radiologie Ellendale
5950, chemin Côte-des-Neiges, bureau 200
Montréal (Québec) H3S 1Z6
(514) 739-1114
Radiologie Laënnec inc.
1100, rue Beaumont, bureau 104

Ville Mont-Royal (Québec) H3P 3H5
(514) 738-6866
Radiologie Médiclub (Le Sanctuaire)
6100, avenue du Boisé, bureau 203
Montréal (Québec) H3S 2W1
(514) 739-6301
Centres de référence pour investigation
(en processus de désignation) - CRID
Est
Hôpital Maisonneuve-Rosemont
5415, boulevard de l’Assomption
5e étage, Pavillon Rachel-Tourigny
Montréal (Québec) H1T 2M4
(514) 252-3945
Nord
Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal
La clinique du sein
5400, boulevard Gouin Ouest
1er étage, aile G
Montréal (Québec) H4J 1C5
(514) 338-3008
Centre-Ouest
CHUM (Hôtel Dieu)
Clinique des maladies du sein et
Centre d’imagerie du sein
3840, rue St-Urbain
3e étage, Pavillon Le Royer
Montréal (Québec) H2W 1T8
(514) 890-8059
Centre universitaire de santé McGill

Hôpital Royal Victoria
Centre du sein des Cèdres
687, avenue des Pins Ouest
Pavillon, Chirurgie, S-10 Ouest
Montréal (Québec) H3A 1A1
(514) 843-2877
Hôpital général juif - Sir Mortimer B.
Davis
3755, chemin Côte Sainte-Catherine
Bureau D-220
Montréal (Québec) H3T 1E2
(514) 340-7997
Ressources de Montréal-Centre
Prévention en pratique médicale, Octobre 2003
Les lipides alimentaires
Recommandations pour vos patients
1
Octobre 2004
révention
en pratique médicale
L’intérêt pour les lipides alimentaires relève de leur rôle dans l’étiologie des maladies chroniques -
cancer, hypertension, obésité et maladies cardiovasculaires - et de leur importance dans diverses
réactions immunitaires et inflammatoires.
Le rapport récent de l’OMS sur le régime alimentaire, la nutrition et la prévention des maladies
chroniques recommande, entre autres, que les individus limitent l’apport énergétique provenant de la
consommation de lipides en général, et surtout des acides gras saturés et trans pour privilégier les acides
gras non saturés. L’OMS recommande aussi d’augmenter la consommation de fruits et légumes ainsi
que celle des légumineuses, des céréales à grains entiers et des noix et de limiter la consommation de
sucre et de sel (sodium).
Au Québec, l’ensemble de la population adulte a réduit sa consommation de lipides de près du tiers

depuis une trentaine d’années. Toutefois, le gras fait encore pencher la balance Lors de la dernière
enquête provinciale sur la nutrition, près de la moitié des hommes et des femmes de 18 à 64 ans con-
sommaient plus de 35 % des calories sous forme de lipides, provenant en grande partie d’aliments
riches en acides gras saturés.
• Les dernières lignes directrices canadiennes (2003) recommandent la mesure du cholestérol
sanguin chez tous les hommes de plus de 40 ans et chez toutes les femmes postménopausées
(ou de plus de 50 ans).
• Les médecins doivent également s’enquérir des lipides sanguins en présence de diabète,
d’hypertension, d’obésité, d’athérosclérose probable, d’histoire familiale de maladie
cardiovasculaire ou de troubles lipidiques, ainsi que chez les fumeurs.
• Le bilan lipidique peut également faire partie d’une stratégie de modification des habitudes de vie.
Nutriments Apport recommandé Apport recommandé
(% des calories totales) en grammes
Hommes Femmes
2700 calories 2100 calories
Gras total (sans le cholestérol) 15-30 % 45g à 90g 32g à 64g
Acides gras saturés moins de10 % 30g 21g
Acides gras trans moins de 1 % 3g 2,1g
Acides gras monoinsaturés 10-14 %* 30g à 42g 21g à 30g
Acide gras polyinsaturés 6-10 %
Acides gras oméga-6 5-8 % 15g à 24g 11g à 17g
Acide gras oméga-3 1-2 % 3g à 6g 2,1 g à 4,2g
Cholestérol moins de 300mg
Résumé des recommandations de l’OMS
Gras total
Recommandation :15-30 % des calories totales
(45 à 90g pour les hommes, 32 à 64g pour les
femmes).
On peut traduire les recommandations énoncées en
pourcentage, en grammes par jour. Ainsi, un homme

entre 25 et 49 ans, dont l’apport moyen en calories est
de 2700 calories par jour, pourrait consommer entre
45g et 90g de gras par jour. Pour une femme du même
âge, dont l’apport moyen en calories est de 2100 calo-
ries par jour, l’apport de gras devrait être de 32g à 64g
par jour.
Les acides gras saturés
Recommandation : moins de 10 % des calories
totales (30g pour les hommes et 21g pour les
femmes).
La consommation de gras saturés augmente les risques
de développer une maladie cardiovasculaire. On
retrouve généralement les gras dans les viandes, les
produits laitiers riches en matières grasses (crème, fro-
mages à plus de 20 % de gras, beurre).
Les acides gras trans
Recommandation : moins de 1 % des calories
totales (3g pour les hommes et 2,1g pour les
femmes).
Les acides gras trans se retrouvent en très petite quan-
tité à l’état naturel dans certains aliments (viandes et
produits laitiers) mais surtout dans les produits com-
merciaux qui contiennent des huiles hydrogénées.
Qu’est-ce que l’hydrogénation ? C’est un procédé
industriel qui a pour but de faire passer les huiles de
Pour traduire les pourcentages de tous les gras
recommandés en grammes par jour :
2700
A
X 30 %

B
= 810/9
C
= 90g
A
Calories
B
Apport maximal recommandé
C
Car il y a 9 calories par gramme de gras
* Par déduction* Par déduction
1
2
Pré vention en pratique mé dicale, Octobre 2004
l’état liquide à l’état solide (les huiles se transforment
en shortenings ou margarines). Cette transformation
augmente la durée de conservation et rend ces gras
plus résistants aux températures de cuisson élevées.
L’hydrogénation peut être complète ou partielle. Lors
d’une hydrogénation complète, le produit final
contient des acides gras saturés tandis que lors d’une
hydrogénation partielle, le produit final contient des
acides gras trans.
Les acides gras trans ont tendance à faire augmenter
les LDL et les taux de Lp(a)(lipoprotéine associée à un
risque accru de maladies cardiaques et cérébro-vascu-
laires par l’inhibition de l’activité plasminogène) si
leur apport est élevé (plus de 6,6 % des calories totales,
soit 20g pour les hommes et 14g pour les femmes). Ils
ont aussi tendance à diminuer les HDL s’ils sont con-

sommés en quantité importante.
Les acides gras trans sur les
étiquettes :comment les trouver?
Le nouveau tableau de la valeur nutritive aidera les
Canadiens à faire la différence entre les types de gras
contenus dans les aliments et surtout, à repérer les
sources de gras trans. D’ici 2006, la teneur en gras
trans apparaîtra sur la majorité des étiquettes des ali-
ments préemballés. Les entreprises ont jusqu’en 2008
pour se conformer au règlement. En attendant, si la
teneur en acides gras trans n’est pas indiquée, il vous
est possible de la calculer : soustraire le total des gras
polyinsaturés, monoinsaturés et saturés de la quantité
de gras total. La différence entre les deux correspond à
la teneur en gras trans la plus probable 4,0 g (gras
total) -
[
0,5 g (polyinsaturés) +1,7 g (monoinsaturés) +
0,8 g(saturés)
]
= 1,0 g (trans).
Que faire si l’étiquette ne donne
aucune information nutrition-
nelle ?
Il faut lire la liste des ingrédients et porter attention aux
aliments dont les principaux ingrédients sont les
graisses végétales hydrogénées ou partiellement
hydrogénées, le shortening d’huiles végétales et les
huiles de palme, de palmiste, de coco ou de coprha, et
ce, peu importe l’ordre d’apparition de l’ingrédient

dans la liste.
Il faut savoir :
• que la portion consommée doit correspondre à la
portion indiquée sur l’étiquette.
• que la mention “sans cholestérol” sur une étiquette,
n’indique pas pour autant qu’il s’agit d’un choix
bon pour la santé cardiaque. Un produit peut ne pas
contenir de cholestérol mais peut en revanche con-
tenir beaucoup de gras polyinsaturés transformés
qui sont aussi nocifs (si ce n’est pas plus) pour la
santé cardiaque.
• que esters, glycérides, glycérol, shortening sont des
synonymes de gras.
• que le maximum de gras total à consommer par jour
est d’environ 32 à 64 g pour une femme (2100 calo-
ries) et 45 à 90 g pour un homme (2700 calories).
• qu’une des méthodes utilisées par l’industrie pour
diminuer la quantité de gras d’un produit commer-
cial consiste à retirer ce gras mais à le remplacer
par un gras transformé, additionné d’additifs.
• qu’il n’est pas judicieux de choisir un produit
allégé en gras auquel on a ajouté du sucre, des gras
hydrogénés et des additifs alimentaires.
• que la meilleure matière grasse à tartiner doit con-
tenir le moins possible de gras saturés, aucun gras
trans et aucun cholestérol alimentaire.
Cholestérol
Recommandation : moins de 300mg par jour.
Notre corps fabrique tout le cholestérol dont il a besoin
à partir de divers nutriments. Une alimentation qui ne

contient aucune trace de cholestérol ne provoque donc
jamais de déficience à ce niveau.
Contrairement aux transporteurs de cholestérol san-
guin, il n’existe pas de bon ni de mauvais cholestérol
dans les aliments et seuls les aliments de sources ani-
males contiennent du cholestérol.
Le cholestérol alimentaire agit en synergie avec les
gras saturés pour augmenter le niveau de cholestérol
sanguin. Il semble même que la présence de
cholestérol serait essentielle à l’effet hyper-
cholestérolémiant des gras saturés.
Les acides gras monoinsaturés
Recommandation : 10-14% des calories totales
(entre 30 et 42g pour un homme et entre 21 et
30g pour une femme).
En substituant les acides gras saturés par des mono-
insaturés, on diminue les risques de développer une
maladie cardiovasculaire.
Aucune recommandation n’a été émise pour la con-
sommation des gras monoinsaturés. Toutefois en
tenant compte des recommandations de l’OMS pour
les autres lipides, on peut déduire que les acides gras
monoinsaturés peuvent représenter environ 10-14 %
de l’apport total en calories.
Acides gras polyinsaturés
Recommandation : Oméga-6 : 5 - 8 % des calories
totales (15 - 24g pour un homme, 10,6 - 17g pour
une femme).
Oméga-3 : 1 - 2 % des calories totales (3 - 6 g pour
un homme, 2, 1 - 4, 2g pour une femme).

Une quantité trop élevée d’acides gras polyinsaturés
augmente la susceptibilité des LDL à l’oxydation.
Plusieurs études suggèrent que l’oxydation des LDL
pourrait contribuer au processus d’athérosclérose.
Les acides gras essentiels font partie du groupe des
acides gras polyinsaturés et comprennent les gras
essentiels acide linoléique (oméga-6) et acide alpha-
linolénique (oméga-3). Le corps étant incapable de
synthétiser ces gras, ils doivent donc provenir de
Ingrédients :
Farine non blanchie, shortening d’huile végétale, sucre, arachides, mélasse,
poudre d’œuf entier, lactosérum en poudre, sel, poudre à pâte, bicarbonate de
sodium, arômes naturels.
Une portion équivaut à 26g=
environ 2 biscuits
Par biscuit
Énergie 69 cal/290kj
Protéines 0,9 g
Matières grasses 4,0 g
Polyinsaturées 0,5 g
Monoinsaturées 1,7 g
Saturées 0,8 g
Trans 1,0 g
Cholestérol 2,2 mg
Glucides 7,2 g
Fibres alimentaires 0,3 g
Exemple d’une étiquette d’un emballage de biscuits
Maximum de gras
pour une femme 64 g,
pour un homme 90 g

La portion indiquée
correspond-elle à la portion
consommée ?
Indique la présence
de gras trans
Comment distinguer les
deux huiles à l’épicerie ?
Premièrement on peut lire sur l’étiquette la
mention «pressée à froid» de même qu’une
date de pressage ou d’expiration. De plus, le
contenant des huiles pressées à froid est
opaque, souvent vert foncé pour protéger
l’huile de la lumière.
Que dire sur les graines et
l’huile de lin?
Les graines de lin entières sont disponibles
dans la plupart des marchés à grandes surfaces
et dans les magasins d’aliments naturels. Si les
graines de lin sont consommées pour leur
apport en acides gras oméga-3(ALN), il est
nécessaire de les moudre (à moins de les masti-
quer avec grande application ) afin que les nutriments
soient mieux absorbés. Il est également possible de les
trouver déjà moulues dans les réfrigérateurs de certains
magasins d’aliments naturels. Les graines entières se
conservent assez bien mais une fois moulues elles ran-
cissent facilement. Il faut les garder au réfrigérateur, au
plus une semaine et les consommer en les saupoudrant
sur les céréales, le yogourt ou les salades.
Le régime méditerranéen

L’huile de lin est disponible dans la plupart des ma-
gasins naturels. Comme elle rancit très facilement, elle
doit absolument être conservée au réfrigérateur et con-
sommée rapidement une fois le contenant ouvert. Il est
préférable d’acheter de petites quantités et privilégier
les contenants opaques. L’huile de lin n’est pas adéquate
pour la cuisson car elle s’oxyde facilement à la chaleur.
Des études épidémiologiques et des essais cliniques
ont montré que des nutriments ou associations de
nutriments caractéristiques du
régime méditerranéen pouvaient
avoir des conséquences cliniques
d’une ampleur significative,
notamment chez des patients por-
teurs de cardiopathies ischémiques.
L’association de ces effets pro-
tecteurs et des effets bénéfiques sur
le bilan lipidique standard confère à
ce type de régime un intérêt consi-
dérable en santé publique.
3
Pré vention en pratique mé dicale, Octobre 2004
l’alimentation et c’est pour cette raison qu’ils sont
essentiels. Comme ils sont métabolisés par la même
famille d’enzymes, il est important qu’un équilibre
soit respecté entre les oméga-6 (acide linoléique) et
les oméga-3 (acide alpha-linolénique). L’Institute
of Medecine of the National Academies ne formule
aucune recommandation spécifique à propos du
ratio oméga6/oméga3 sauf pour les femmes

enceintes et qui allaitent (un ratio en-dessous de 5:1
peut être associé à des problèmes de croissance
chez le nourisson).
De plus, l’OMS ne le spécifie pas, mais Santé
Canada suggère qu’il est possible de consommer au
moins 10% de l’apport recommandé en acide
alpha-linolénique (ALN) sous forme d’acide eico-
sapentanoïque(AEP) et\ou d’acide docosahexa-
noïque (ADH) soit 0,06% à 0,12% de l’apport total
en calories (entre 0,18g et 0,36g pour un homme et
entre 0,13 et 0,26 pour une femme). Une consom-
mation modérée de ces derniers pourrait avoir des
effets bénéfiques sur la santé.
Huiles pressées à froid
En comparaison à une huile raffinée, l’huile pressée
à froid contient plus de phytostérols capables de
bloquer l’absorption du cholestérol alimentaire;
plus de vitamine E, un antioxydant naturel; plus de
pigments comme le carotène et la chlorophylle et
des traces de minéraux comme le calcium, le ma-
gnésium, le fer, le cuivre et le phosphore.
En bref
On sait depuis de nombreuses années qu’une consom-
mation excessive de gras est néfaste pour la santé. Les
dernières études démontrent cependant que certains
gras sont bénéfiques (monoinsaturés) et dans certains
cas, essentiels à la santé (oméga-3, oméga-6). Il est
donc important de considérer le type de gras que
consomment vos patients et de distinguer les “bons”
des “mauvais” gras. On recommandera de diminuer la

consommation de gras de source animale ou de gras
transformé (trans) pour les remplacer par des gras
provenant des noix, graines, huiles pressées à froid
et poissons.
Caractéristiques nutrition-
nelles principales du
régime méditerranéen :
• Riche en gras monoinsaturés provenant
surtout de l’huile d’olive.
• Riche en gras oméga-3 provenant surtout du
poisson consommé plusieurs fois par
semaine.
• Riche en antioxydants provenant de l’abon-
dance de fruits, légumes, noix et graines
consommés quotidiennement.
• Riche en vitamines du complexe B
provenant du poisson, des légumes verts et
des légumineuses.
• Riche en fibres provenant des produits
céréaliers, fruits, légumes et légumineuses.
• Pauvre en gras saturés provenant de la
viande rouge.
fruits
sucreries
oeufs
volaille
poisson
fromage et yogourt
huile d’olive
viandes

rouges
légu-
mineuses
et noix
légumes
pains, pâtes, riz, couscous, polenta, boulghour,
autres produits céréaliers et pommes de terre.
Quelques fois par mois
(ou plus souvent en très
petites quantités)
Quelques fois par
semaine
Chaque
jour
Vin avec
modération
Activité
physique
régulière
La pyramide du régime méditerranéen
Aliments Quantité Mono-
insaturés (g)
Huile d’olive 1c.àT(15ml) 10,1
Avocats 1/2 9,7
Huile de canola 1c.àT(15ml) 8,14
Noisettes hachées 2c. à T(30ml) 7,0
Amandes 2c. à T(30ml) 6,0
Pacanes 2c. à T(30ml) 5,8
Saumon 100g 5,5
Huile de sésame 1c.àT(15ml) 5,49

Pistaches 2c. à T(30ml) 5,2
Arachides 2c. à T(30ml) 4,5
Olives mûres 10 3,5
Teneur en acides monoinsaturés
de certains aliments
Aliments Quantité Oméga-6 (g)
Huiles
3
Huile de carthame 1c. à T(15ml) 10,2
Huile de tournesol 1c. à T(15ml) 9,1
Huile de maïs 1c. à T(15ml) 8,0
Huile de soya 1c. à T(15ml) 7,1
Graines et noix
Noix de Grenoble 1c. à T(15ml) 2,4
Pignons 1c. à T(15ml) 2,1
Noix du Brésil 2 2,1
Graines de tournesol 1c. à T(15ml) 1,8
Graines de citrouilles 20 graines 0,83
Autres
Certaines margarines molles 1 c. à T(15 ml) entre 2 et 6
3 Toutes les huiles devraient toujours être pressées à froid
Teneur en oméga-6 de certains aliments
acide
linoléique
Aliments Quantité Oméga-3 (g) ALN(g) AEP(g) ADH(g)
D’origine marine
Maquereau 100g 1,43 0,11 0,5 0,7
Hareng 100g 2,22 0,13 0,91 1,11
Thon en conserve
dans l’eau 100g 0,94 0,07 0,23 0,62

Sardines en conserve 100g 1,4 0,47 0,45 0,48
Truite arc-en ciel 100g 1,24 0,08 0,33 0,82
Saumon(atlantique) 100g 2,14 0,11 1,01 0,73
Flétan 100g 0,66 0,08 0,09 0,37
Crevettes 100g 0,32 0,01 0,17 0,14
Moules 100g 0,87 0,04 0,28 0,51
Anchois 100g
Huile de foie
de morue(15ml) 1c.à table(15ml) 2,73 0,13 0,95 1,52
Autres sources
Huile de lin 1c.à soupe(15ml) 7,36 7,36 - -
Graines de lin moulues 2c à thé(10ml) 1,45 1,45 - -
Graines de citrouille
2
2c.à soupe(30ml) 1,95* 1,95 - -
Huile de canola 1c.à soupe(15ml) 1,29 1,29 - -
Noix de grenoble 2c.à soupe(30ml) 1,15 1,15 - -
Huile de soya 1c.à soupe(15ml) 0,94 0,94 - -
Œufs enrichis
en oméga-3 2 0,80 0,63 0,02 0,16
Tofu 100g 0,58 0,58
- -
Boisson de soya 1 tasse(250ml) 0,25 0,25 -
-
Association
des Médecins
Omnipraticiens
de Montréal
révention
en pratique médicale

4
Prévention en pratique médicale, Octobre 2004
Un bulletin de la Direction de santé publique
de Montréal publié avec la collaboration de
l’Association des médecins omnipraticiens de Montréal
dans le cadre du programme Prévention en pratique médicale
coordonné par le docteur Jean Cloutier.
Ce numéro est une réalisation de l’unité Santé physique.
Responsable d’unité : D
r
Jacques Durocher
Rédacteur en chef : D
r
Claude Thivierge
Édition : Élisabeth Pérès
Infographie : Manon Girard
Auteure : Stéphanie Grigg, nutritioniste
Collaborateurs : Sylvie Chevalier, Lyse Vanier, DSP de Montréal
1301, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H2L 1M3
Téléphone : (514) 528-2400

courriel:
ISSN (version imprimée) : 1481-3734
ISSN (version en ligne) : 1712-2937
Dépôt légal — Bibliothèque nationale du Québec, 2004
Dépôt légal — Bibliothèque nationale du Canada, 2004
Numéro de convention : 40005583
2 Pour les graines de citrouilles, certaines analyses démontrent un faible apport en oméga-3(0,05g/30g).
Teneur en oméga-3 de certains aliments
acide

alphalinolénique
acide
eicosapeutanoïque
acide
docosahexanoïque
1 La valeur en gras trans est une valeur calculée
Teneur en gras, gras saturés, gras trans et cholestérol de certains aliments
Aliments Quantité Gras total(g) Acides gras Acides gras Cholestérol
saturés(g) trans
1
(g) (mg)
Matières grasses
Beurre 2c. à thé(10ml) 7,8 4,8 0,4 21,3
Margarine dure hydrogénée(moyenne) 2c. à thé (10ml) 7,7 1,6 3,0 0
Margarine molle hydrogénée(moyenne) 2c. à thé (10ml) 7,7 1,3 3,0 0
Margarine molle partiellement hydrogénée 2c. à thé (10ml) 7,7 1,4 1,9 0
Margarine molle non hydrogénée (moyenne) 2c. à thé (10ml) 7,7 1,1 0,08 0
Shortening d’huile végétale 2c. à thé (10ml) 8,7 2,2 4,9 0
Huiles commerciales (moyenne) 2c. à thé (10ml) 9,2 0,9 à 1,5 1,7 0
Huile pressée à froid (moyenne) 2c. à thé (10ml) 9,2 0,8 0 0
Grignotines
Craquelins commerciaux (moyenne) 25g(environ 8 ) 6,4 1 2,1 0
Croustilles (moyenne) 1 sac(70g) 25 6.1 1,5 0
Pâtisseries et sucreries
Biscuits commerciaux (brisures de chocolat) 4(40g) 6 1,8 0,4 0
Gâteaux commerciaux (moyenne) 1 morceau (70g) 11 3,0 0,7 35
Beignes 1(63g) 14,4 3,4 2,0 20
Muffins commerciaux (moyenne) 1(113g) 7,3 1,6 0,7 34
Croissant au beurre 1(67g) 14,1 7,9 1,6 50
Chocolat au lait 50g 15,4 9,2 0,6 11

Tarte aux pacanes 1 pointe(113g) 20,9 4,25 1,2 36
Viande et charcuteries
Poulet cuisse + peau 66g(1 cuisse) 11,9 3,33 1,21 61
Salami de porc 50g(5 tranches) 16,9 6,0 1,1 39,5
Jambon maigre (5 % de gras) 100g(3 tranches) 5 1,6 0,55 47
Bœuf maigre et gras (coupes diverses) 100g 20 7,9 2,8 86
Bœuf maigre 100g 8,1 3,1 1,3 86
Œufs et produits laitiers
1 œuf entier 5,3 1,6 0,9 216
Lait entier 1 tasse(250ml) 8,6 5,4 0,43 35
Lait 2 % 1 tasse(250ml 5 3,1 0,31 19
Fromage 33 % 50g 16,5 10,5 0,9 52,5
Fromage 17 % 50g 8,6 5,4 O,5 27
Crème glacée 16 % 1 tasse(250ml) 25 16 1,5 95
Yogourt glacé 1 tasse(250ml) 11,3 7,3 0,6 20
Mets préparés
Frites 30(150g) 16 4,8 1,5 0
Quiche Lorraine 1 pointe 24 9,8 1,6 175
Pizza pepperoni et fromage 1 pointe(142g) 14 4,5 O,9 28
Pré vention en pratique mé dicale, Octobre 2004
Aliments Quantité Gras total(g) Acides gras Acides gras Cholestérol
saturés(g) trans
1
(g) (mg)
Matières grasses
Beurre 2c. à thé(10ml) 7,8 4,8 0,4 21,3
Margarine dure hydrogénée(moyenne) 2c. à thé (10ml) 7,7 1,6 3,0 0
Margarine molle hydrogénée(moyenne) 2c. à thé (10ml) 7,7 1,3 3,0 0
Margarine molle partiellement hydrogénée 2c. à thé (10ml) 7,7 1,4 1,9 0
Margarine molle non hydrogénée (moyenne) 2c. à thé (10ml) 7,7 1,1 0,08 0

Shortening d’huile végétale 2c. à thé (10ml) 8,7 2,2 4,9 0
Huiles commerciales (moyenne) 2c. à thé (10ml) 9,2 0,9 à 1,5 1,7 0
Huile pressée à froid (moyenne) 2c. à thé (10ml) 9,2 0,8 0 0
Grignotines
Craquelins commerciaux (moyenne) 25g(environ 8 ) 6,4 1 2,1 0
Croustilles (moyenne) 1 sac(70g) 25 6.1 1,5 0
Pâtisseries et sucreries
Biscuits commerciaux (brisures de chocolat) 4(40g) 6 1,8 0,4 0
Gâteaux commerciaux (moyenne) 1 morceau (70g) 11 3,0 0,7 35
Beignes 1(63g) 14,4 3,4 2,0 20
Muffins commerciaux (moyenne) 1(113g) 7,3 1,6 0,7 34
Croissant au beurre 1(67g) 14,1 7,9 1,6 50
Chocolat au lait 50g 15,4 9,2 0,6 11
Tarte aux pacanes 1 pointe(113g) 20,9 4,25 1,2 36
Viande et charcuteries
Poulet cuisse + peau 66g(1 cuisse) 11,9 3,33 1,21 61
Salami de porc 50g(5 tranches) 16,9 6,0 1,1 39,5
Jambon maigre (5 % de gras) 100g(3 tranches) 5 1,6 0,55 47
Bœuf maigre et gras (coupes diverses) 100g 20 7,9 2,8 86
Bœuf maigre 100g 8,1 3,1 1,3 86
Œufs et produits laitiers
1 œuf entier 5,3 1,6 0,9 216
Lait entier 1 tasse(250ml) 8,6 5,4 0,43 35
Lait 2 % 1 tasse(250ml 5 3,1 0,31 19
Fromage 33 % 50g 16,5 10,5 0,9 52,5
Fromage 17 % 50g 8,6 5,4 O,5 27
Crème glacée 16 % 1 tasse(250ml) 25 16 1,5 95
Yogourt glacé 1 tasse(250ml) 11,3 7,3 0,6 20
Mets préparés
Frites 30(150g) 16 4,8 1,5 0

Quiche Lorraine 1 pointe 24 9,8 1,6 175
Pizza pepperoni et fromage 1 pointe(142g) 14 4,5 O,9 28
1 La valeur en gras trans est une valeur calculée
Teneur en gras, gras saturés, gras trans et cholestérol de certains aliments
2 Pour les graines de citrouilles, certaines analyses démontrent un faible apport en oméga-3(0,05g/30g).
Teneur en oméga-3 de certains aliments
Aliments Quantité Oméga-3 (g) ALN(g) AEP(g) ADH(g)
D’origine marine
Maquereau 100g 1,43 0,11 0,5 0,7
Hareng 100g 2,22 0,13 0,91 1,11
Thon en conserve
dans l’eau 100g 0,94 0,07 0,23 0,62
Sardines en conserve 100g 1,4 0,47 0,45 0,48
Truite arc-en ciel 100g 1,24 0,08 0,33 0,82
Saumon(atlantique) 100g 2,14 0,11 1,01 0,73
Flétan 100g 0,66 0,08 0,09 0,37
Crevettes 100g 0,32 0,01 0,17 0,14
Moules 100g 0,87 0,04 0,28 0,51
Anchois 100g
Huile de foie
de morue(15ml) 1c.à table(15ml) 2,73 0,13 0,95 1,52
Autres sources
Huile de lin 1c.à soupe(15ml) 7,36 7,36 - -
Graines de lin moulues 2c à thé(10ml) 1,45 1,45 - -
Graines de citrouille
2
2c.à soupe(30ml) 1,95* 1,95 - -
Huile de canola 1c.à soupe(15ml) 1,29 1,29 - -
Noix de grenoble 2c.à soupe(30ml) 1,15 1,15 - -
Huile de soya 1c.à soupe(15ml) 0,94 0,94 - -

Œufs enrichis
en oméga-3 2 0,80 0,63 0,02 0,16
Tofu 100g 0,58 0,58
- -
Boisson de soya 1 tasse(250ml) 0,25 0,25 -
-
acide
alphalinolénique
acide
eicosapeutanoïque
acide
docosahexanoïque
Aliments Quantité Oméga-6 (g)
Huiles
3
Huile de carthame 1c. à T(15ml) 10,2
Huile de tournesol 1c. à T(15ml) 9,1
Huile de maïs 1c. à T(15ml) 8,0
Huile de soya 1c. à T(15ml) 7,1
Graines et noix
Noix de Grenoble 1c. à T(15ml) 2,4
Pignons 1c. à T(15ml) 2,1
Noix du Brésil 2 2,1
Graines de tournesol 1c. à T(15ml) 1,8
Graines de citrouilles 20 graines 0,83
Autres
Certaines margarines molles 1 c. à T(15 ml) entre 2 et 6
3 Toutes les huiles devraient toujours être pressées à froid
Teneur en oméga-6 de certains aliments
acide

linoléique
Pour traduire les pourcentages de tous les gras
recommandés en grammes par jour :
2700
A
X 30 %
B
= 810/9
C
= 90g
A
Calories
B
Apport maximal recommandé
C
Car il y a 9 calories par gramme de gras
Nutriments Apport recommandé Apport recommandé
(% des calories totales) en grammes
Hommes Femmes
2700 calories 2100 calories
Gras total(sans le cholestérol) 15-30 % 45g à 90g 32g à 64g
Acides gras saturés moins de10 % 30g 21g
Acides gras trans moins de 1 % 3g 2,1g
Acides gras monoinsaturés 10-14 %* 30g à 42g 21g à 30g
Acide gras polyinsaturés 6-10 %
Acides gras oméga-6 5-8 % 15g à 24g 11g à 17g
Acide gras oméga-3 1-2 % 3g à 6g 2,1 g à 4,2g
Cholestérol moins de 300mg
Ingrédients :
Farine non blanchie, shortening d’huile végétale, sucre, arachides,

mélasse, poudre d’œuf entier, lactosérum en poudre, sel, poudre à
pâte, bicarbonate de sodium, arômes naturels.
Caractéristiques nutrition-
nelles principales du
régime méditerranéen :
• Riche en gras monoinsaturés provenant
surtout de l’huile d’olive.
• Riche en gras oméga-3 provenant surtout
du poisson consommé plusieurs fois par
semaine.
• Riche en antioxydants provenant de
l’abondance de fruits, légumes, noix et
graines consommés quotidiennement.
• Riche en vitamines du complexe B
provenant du poisson, des légumes verts
et des légumineuses.
• Riche en fibres provenant des produits
céréaliers, fruits, légumes et légu-
mineuses.
• Pauvre en gras saturés provenant de la
viande rouge.
Les lipides alimentaires
Ce qu’il faut retenir
Maximum de gras
pour une femme 64 g,
pour un homme 90 g
La portion indiquée
correspond-elle à la portion
consommée ?
Exemple d’une étiquette d’un emballage de biscuits

Résumé des recommandations de l’OMS
Pré vention en pratique mé dicale, Octobre 2004
fruits
sucreries
oeufs
volaille
poisson
fromage et yogourt
huile d’olive
viandes
rouges
légu-
mineuses
et noix
légumes
pains, pâtes, riz, couscous, polenta, boulghour,
autres produits céréaliers et pommes de terre.
Quelques fois par mois
(ou plus souvent en très
petites quantités)
Quelques fois par
semaine
Chaque
jour
Vin avec
modération
Activité
physique
régulière
La pyramide du

régime méditerranéen
révention
en pratique médicale
Indique la présence
de gras trans
* Par déduction
Une portion équivaut à 26g=
environ 2 biscuits
Par biscuit
Énergie 69 cal/290kj
Protéines 0,9 g
Matières grasses 4,0 g
Polyinsaturées 0,5 g
Monoinsaturées 1,7 g
Saturées 0,8 g
Trans 1,0 g
Cholestérol 2,2 mg
Glucides 7,2 g
Fibres alimentaires 0,3 g
Détecter l’infection mais aussi prendre de court sa transmission
Déclarer les maladies infectieuses et les intoxications chimiques à déclaration obligatoire
est vital pour préserver la santé publique. Mais l’efficacité de l’intervention épidémiologi-
que est exponentiellement proportionnelle à sa rapidité de déploiement.
Déclaration des MADO
Indifférence, omission, imprécisions, délais de votre part et un
cas de maladie infectieuse devient une éclosion, une épidémie
Déclarer dès le constat des signes cliniques
caractéristiques
Pour éviter les risques de contagion, le médecin doit
déclarer toute possibilité d’une maladie à déclaration

obligatoire dès qu’il peut la soupçonner au constat de ses
signes cliniques caractéristiques.
L’article 82 de la Loi sur la santé publique enjoint main-
tenant clairement de déclarer dès le constat des signes
cliniques caractéristiques.
« Sont tenus de faire cette déclaration [ ] 1° tout
médecin qui diagnostique une intoxication, une infection
ou une maladie inscrite à la liste [des MADO] ou qui cons-
tate la présence de signes
cliniques caractéristiques
de l’une de ces intoxica-
tions, infections ou mala-
dies, chez une personne
vivante ou décédée ; [ ]»
Art 82.
Attendre le résultat de
laboratoire pour déclarer
ou laisser au laboratoire le soin de déclarer lui-même
entraîne des délais dans la réception des déclarations par
la Direction de santé publique et retarde l’intervention.
Signaler dès le soupçon d’une menace à
la santé publique
Le médecin est la première vigie capable de percevoir les
tout premiers signes d’une éclosion de maladies infectieu-
ses ou d’une intoxication quelles qu’elles soient, à décla-
ration obligatoire ou pas.
Aussi, lorsqu’il prend connaissance de quelques cas d’un
syndrome inhabituel ou d’un nombre inhabituel de cas
d’un syndrome connu et qu’on peut soupçonner que le
phénomène pourrait être dû à un agent pathogène com-

mun, le médecin est tenu légalement de signaler le phé-
nomène à la Direction de santé publique.(Art. 93)
Les responsables, médecins ou non, d’établissements de
santé et de services sociaux ont la même obligation dans
le cadre de leur établissement. (Art. 93)
1
Octobre 2005
1
révention

en pratique médicale
Docteur,
si v o t r e enfant
a t tr a pp a it un e
maladie infectieuse
parce qu’un con-
frère n’a pas fait
de déclaration à la
Santé publique, a
tardé à le faire ou
a induit des délais
d’intervention, l’en
blâmeriez-vous ?
Fournir tous les renseignements, tous
sont indispensables
Adresse, numéro de téléphone, date de début
de la maladie et occupation sont des renseigne-
ments déterminants dans l’évaluation de l’ur-
gence épidémiologique de la situation et pour la
mise en place rapide de mesures adéquates.

La comparaison de l’adresse à
celles d’autres cas permet de
déceler si une concentration
géographique de cas semble
se profiler et si alors certaines
mesures doivent être prises pour
circonscrire une possible épi-
démie: accélération des enquê-
tes sur ces cas, recherche d’une
source commune, etc
De même, la date de début de
la maladie peut permettre de
faire des liens dans le temps
entre des déclarations, de leur donner priorité pour enquê-
te et ainsi mettre rapidement sur la piste d’une source
commune d’infection alors que si ces déclarations ne
comportent pas cette date, elles ne seront pas traitées en
priorité.
Le numéro de téléphone permet de joindre rapidement le
patient lorsqu’on suspecte un agrégat de cas à partir de
déclarations multiples.
Les renseignements sur l’occupation de la personne attein-
te d’une MADO et sur celle de ses proches permettent d’éva-
luer l’ampleur du risque de transmission que ces personnes
représentent et l’urgence de mettre en place des mesures
de prévention. Les mesures épidémiologiques à prendre ne
sont évidemment pas les mêmes dans un cas d’hépatite A
chez un manipulateur d’aliments dont la conjointe travaille
en garderie que chez l’informaticien travaillant à la maison
et sans conjointe.

Ainsi, l’insistance mise à obtenir ces renseignements n’est
pas entêtement de fonctionnaire ou caprice de statisticien:
ce sont des renseignements essentiels à l’évaluation des ris-
ques et à l’opportunité de l’intervention épidémiologique.
La déclaration rapi-
de et complète de
maladies contagieu-
ses ou d’intoxica-
tions chimiques per-
met à la Direction
de santé publique
de déployer les
mesures épidémio-
logiques nécessai-
res pour identifier
la source et briser
la chaîne de trans-
mission de la mala-
die. A contrario,
l’absence de décla-
ration, les délais mis
à la faire ou le défaut
de donner tous les
renseigneme nts
demandés peuvent
parfois signifier
que des dizaines,
des centaines de
personnes seront
infectées, devien-

dront contagieuses,
asymptomatiques
ou malades, néces-
siteront des trai-
tements, voire des
hospitalisations et
que quelques-unes
pourraient bien en
décéder. Pour celui
qui a pu, ou pourrait
être en contact avec
un patient conta-
gieux ou une sour-
ce d’intoxication,
cette pratique est
à risque et éven-
tuellement, à risque
aussi pour ceux qui
le côtoient
17 cas d’hépatite A
Une histoire vraie
page 4
du lundi au vendredi, de 8h30 à 16h30 :
• par télécopieur confidentiel : 528-2461 • par téléphone : 528-2400
En dehors des heures ouvrables, pour une prise en charge épidémiologique immédiate: 528-2400 et suivre les instructions.
DÉCLARATION DE MALADIES À DÉCLARATION OBLIGATOIRE ET SIGNALEMENTS

2
Prévention en pratique médicale, Octobre 2005
Bilan synthèse 2004

7990 déclarations validées retenues pour fin de statistiques dont environ 900 faites initialement par les médecins
Les maladies à déclaration obligatoire marquantes dans la région de Montréal-Centre en 2004
Hépatites
Hépatite A, Hépatite B-aiguë
• Baisse d’incidence se continue; impact des program-
mes élargis de vaccination et de la prise en charge
rapide des personnes atteintes.
• Hép. A : tous les groupes d’âge, des deux sexes,
voyageurs, contacts de cas, HARSAH ( hommes
ayant des relations sexuelles avec des hommes), ou
personne souffrant d’intoxication alimentaire, UDI;
• Hép. B : majoritairement des hommes adultes de 20
à 60 ans, contacts sexuels ou familiaux de cas aigus
ou porteurs, UDI.
LES MALADIES
Tendances
Populations affectées
Hépatite C
• Baisse attendue
non survenue cette
année. Les program-
mes de dépistage des
personnes transfusées
n’auraient pas encore
rejoint toutes leurs
cibles.
• Toutes les hépatites virales sont à déclaration obli
-
gatoire. Bien qu’aucune déclaration d’hépatite Delta
ou E en 2004, elles ont fait leur apparition en 2005.

• Majoritairement hommes de >29 ans.
• Cas incidents : majoritairement des UDI; transmis
-
sion sexuelle (5 % après 20-30 ans de rel. sexuelles
avec partenaire infecté); contacts percutanés avec
aiguilles souillées (1.8 % des contacts).
• Cas prévalents : majoritairement des personnes
transfusées; enfants de mères atteintes; risque
d’infection par transfusion (< 1/500,000); (n = 0 en
2004).
Maladies entériques
• Toutes endémiques à
ampleur variable.
• Éclosions fréquentes
de giardiase.
• Les nouvelles MADO
entériques comme la
cryptosporidiose, la
cyclosporose et la lis-
tériose se font rares en 2004.
• Incidence plus élevée chez les enfants.
• Toutes infections confondues : ratio h/ f près de 1,
sauf pour l’amibiase: h/f : 3/1.
• Facteurs de risque: contacts de cas (familiaux,
social, garderie, travail); toxi-infections;
voyages en pays à forte endémicité
(incluant immigrants visitant famille);
vacances dans des sites agricoles; HARSAH.
Maladies évitables par la vaccination
• Épidémie attendue en 2004:

incidence doublée mais loin
des taux des années ‘90.
• Méningocoque: maintenant
majoritairement du groupe
B donc non évitables par la
vaccination.

Strep. pneumoniæ invasif:
disparaît peu à peu chez les moins de 5 ans.
Infections transmissibles sexuellement
• À la hausse pour toutes
les ITS sauf la chlamydio-
se; l’éclosion de syphilis se
poursuit. Nouvelle ITSS:
la lymphogranulomatose
vénérienne (LGV), 1 cas
en 2004. Une dizaine en
2005.
• Gonorrhée: remontée de la résistance aux antibiotiques.
• Chlamydia: les 15 à 40 ans; ratio h/f: 2.5/1
• Gonorrhée: les 15 à 40 ans; ratio h/f : 7/1
• Syphilis: les 20 à 60 ans; ratio h/f : 5/1
• Facteurs de risque: syphilis, gonorrhée, LGV:
plusieurs cas chez les HARSAH; relations
sexuelles anonymes avec des personnes venant
de régions à ITS endémiques (New York,
Antilles, ).
Tuberculose
• Incidence relative-
ment stable; 2/3 des

cas au Québec rési-
dent à Montréal.
• Personnes de 15 ans et plus.
• Facteurs de risque: majoritairement
provenance de pays à TB endémique
(pas toujours immigrants récents); contacts
de cas familiaux, sociaux et de travail.
La déclaration
fait partie de
l’acte médical
• Coqueluche: de plus en plus de cas chez
adolescents et jeunes adultes.
• Autres MEV: adolescents ou jeunes adultes.
• Facteurs de risque: non ou incomplètement
vaccinés ou perte d’immunité contre la
coqueluche; non vaccinés pour les autres.
Plupart des cas de rougeole et plusieurs cas
de rubéole et d’oreillons: acquis lors d’un
voyage dans zone à risque parmi groupes
refusant la vaccination.
Les médecins traitants, les chefs de dépar-
tements de biologie médicale et les direc-
teurs de laboratoires partagent l’obligation
de déclarer au Directeur de santé publique
certaines maladies infectieuses et intoxi-
cations biologiques ou chimiques dites à
déclaration obligatoire en vertu de la Loi
sur la santé publique (L.R.Q., c. S-2.2) et
de ses règlements d’application.
Par téléphone, poste, télécopie

et courriel
Les déclarations peuvent être faites par télé-
phone, poste, télécopie et courrier électro-
nique chiffré; l’essentiel est d’acheminer les
déclarations complètes le plus rapidement
possible. On peut utiliser les formulaires du
ministère de la Santé et des Services sociaux
ou tout autre formulaire (des photocopies
des extraits informatiques du laboratoire et
de la clinique ) à condition qu’il fournisse
au minimum tous les renseignements exigés
sur le formulaire concerné du Ministère. Pour
des raisons de sécurité des renseignements
confidentiels, la déclaration par courriel n’est
autorisée qu’aux membres du réseau de télé-
communications sociosanitaire (RTSS). Pour
les télécopies, la mise du numéro dédié à
joindre à la Direction de santé publique (514-
528-2461) dans la mémoire de l’appareil
limite les risques d’erreurs de composition.
Complètement
Il est important que tous les renseignements
exigés par le Règlement soient fournis afin
que la santé publique puisse intervenir rapi-
dement et compiler des statistiques vala-
bles. Sinon, il faudra compléter la déclaration
en appelant le médecin ou son personnel.
Prendre le temps de déclarer complètement
sauve du temps à tous.
Rapidement

Le délai d’intervention efficace auprès des
contacts d’une personne malade ou dans la
communauté est court. Au-delà de ce délai,
l’intervention perd généralement de son
efficacité, la déclaration restant cependant
importante. Il est donc primordial de déclarer
rapidement, le délai de 48 heures (sauf pour
les maladies à surveillance extrême à décla-
ration immédiate) demeurant une exigeance
légale qu’il est préférable de devancer.
Confidentiellement
Seule la préposée à la saisie des données et
le médecin ou l’infirmière qui assure le suivi
du cas connaissent les noms des personnes
faisant l’objet d’une déclaration. Ces person-
nes sont tenues légalement à la confidenti-
alité. Par ailleurs, toutes les procédures de
saisie, d’analyse informatique et d’archivage
sont strictement conformes aux règles de
conservation des dossiers médicaux, à celles
de la Commission de l’accès à l’information
(CAI) et aux articles de la Loi sur la santé
publique.

Déclarer,
c’est obligatoire
et c’est facile

1
Prévention en pratique médicale, Octobre 2005

3
7990 déclarations validées retenues pour fin de statistiques dont environ 900 faites initialement par les médecins
Les maladies à déclaration obligatoire marquantes dans la région de Montréal-Centre en 2004
LE RÔLE DE VIGILANCE DU MÉDECIN
Le diagnostic
Évaluation et prévention
• Diagnostic rapide d’un cas aigu :
recherche des bons marqueurs
Hép A : anti HAV IgM;
Hép B : HbsAg, HbeAg, anti-HbcIgM.
• Évaluation pour distinguer hépatite A de B ou de C :
voyages récents ? Orientation sexuelle ? Exposition
alimentaire? UDI? Exposition nosocomiale ?
Occupation du cas ?
• Prévention: Contacts sociaux ou familiaux qui pour-
raient bénéficier de prophylaxie ou de vaccination?
- Vaccination gratuite pour votre clientèle à risque,
contacts de cas ou atteints d’hépatite C.
- Dépistage des enfants des mères infectées (Hép. B
et C).
- Questionner sur dons/réceptions de sang, produits
sanguins ou organes.
- Retrait du travail pour manipulateur d’aliments
souffrant d’hépatite A.
- Retrait possible pour les cas d’hépatites B et C
pour professions à risque.

• Pas de tests disponibles pour distinguer une infec
-
tion aiguë d’une infection ancienne; anti VHC .

• Évaluation de la source: Voyages ? Sources alimentaires
possibles ? Contacts avec une personne souffrant de
symptômes gastro-intestinaux ? Orientation sexuelle ?
• Évaluation de la transmission possible : occupation du
cas? Reste d’aliments?
• Prévention primaire : conseil d’usages aux voyageurs et
aux manipulateurs d’aliments.
• Attention spéciale aux immigrants retournant dans leur
famille : précaution d’usage et vaccination contre la
fièvre typhoïde.
• Cultures de selles si :

- manipulateur d’aliments,
- travailleur en garderie,
- début d’intoxication alimentaire soupçonnée.
• Coqueluche : recherche de
Bordetella pertussis.
• Rougeole, rubéole : recherche IgM rougeole,
rubéole et parvovirus. Dans le cas de la rou-
geole : recherche virale sera demandée.
• Oreillons : IgM pour tous les cas de parotidite
et chez les personnes ayant voyagé dans des
zones à risque ou non vaccinées ou à statut
vaccinal inconnu.
• Évaluation des expositions récentes: avec une personne
souffrant d’une MEV ? Voyages ?
• Évaluation de la transmission possible: occupation du
cas ?
• Prévention primaire : vaccination primaire de votre
clientèle pédiatrique. Questionner sur le statut vaccinal

de votre clientèle adulte.
Contacts non vaccinés qui pourraient bénéficier d’im-
munoglobuline ou du vaccin.
• Chlamydia : PCR sur urine pour les hommes,
sur prélèvement à l’endocol ou à l’urètre chez
la femme.

N. gonorrhoeae : culture ou PCR.
• Syphilis : être alerte aux signes et symptômes
de la syphilis (ulcères, éruptions cutanées);
demander VDRL et TPPA.
• LGV : sérologie / séquençage.
• Évaluation des expositions : orientation sexuelle ?
Contacts sexuels à l’extérieur du Québec ?
• Évaluation de la transmission possible : recherche de
contacts sexuels.
• Prévention primaire: promouvoir l’usage du con-
dom, offrir vaccination contre les hépatites A et B.
Notification aux partenaires.
(Voir «Fiche PPM #9)
• Personne souffrant de toux persistante et ori
-
ginaire d’un pays à tuberculose endémique:
RX pulmonaire et recherche du bacille tuber-
culeux dans les expectorations ( 2 cas récents
de tuberculose à Montréal ont eu jusqu’à 6
consultations médicales sur 6 mois avant que
le diagnostic de tuberculose ne soit évoqué:
plusieurs cas secondaires se sont produits).
• Évaluation des expositions : pays d’origine ? Voyages ?

Contacts avec une personne souffrant possiblement de
tuberculose.
• Évaluation de la transmission possible : occupation du
cas ? Contacts familiaux et sociaux ?
La tuberculose est une maladie à traitement obligatoire:
si refus ou infidélité au traitement, déclaration obliga-
toire de votre part à la Direction de santé publique.

Faites-le
ou faites-le faire
Obligation légale,
responsabilités
professionnelle et civile
La déclaration des MADO (art. 82, LSP) de
même que la déclaration reliée aux effets inha-
bituels d’une vaccination (art. 69, LSP) font
partie de la pratique médicale car elles sont
des obligations légales et non une tracasserie
administrative de statisticiens.
Les médecins ont également l’obligation de
signaler à la Direction de santé publique de
leur territoire les patients atteints de tuber-
culose (seule maladie à traitement obligatoire
au Québec) qui notamment ne collaborent pas
à leur traitement ou refusent tout soin (art.
86, LSP).
L’ omission de ces déclarations est une infrac-
tion punissable par une amende de 600 $ à 1
200 $ (art. 138, LSP) et en cas de récidive, les
minima et maxima [ ] sont portées au dou-

ble. (art. 142).
Une telle infraction pourrait peut-être par
ailleurs donner matière à une poursuite au
civil.
Enfin, l’obligation de signalement est aussi une
exigence du Code de déontologie des médecins
du Québec qui prescrit à l’article 40:
«Le médecin qui a des motifs de croire que la
santé de la population ou d’un groupe d’indivi-
dus est menacée doit en aviser les autorités de
santé publique concernées.»
La déclaration
fait partie de
l’acte médical
Vos déclarations
sont internationales
Vous n’avez pas le temps de remplir le for-
mulaire
Alors, faites-le faire.
Certains de vos confrères l’ont essayé avec
succès. Ils demandent à leur secrétaire ou
technicienne de compléter le formulaire con-
cerné et de téléphoner en cas d’urgence.
En déclarant une maladie
infectieuse, vous partici-
pez à un réseau de sur-
veillance des maladies
infectieuses qui informe
non seulement vos collè-
gues de l’Île de Montréal

mais également vos col-
lègues québécois, cana-
diens et internationaux.
L’information sur l’incidence des maladies
infectieuses et aussi sur les caractéristiques
des cas (âge, sexe, région socio-sanitaire et
parfois source de contamination ou facteur
de risque particulier) peut susciter chez tous
ces collègues une attention particulière aux
patients présentant des caractéristiques simi-
laires et permet à un réseau international de
lancer des appels à la vigilance et de retrouver
des sources de contamination.
Vos déclarations, dépersonnalisées, sont ache-
minées quotidiennement dans un répertoire
provincial qui permet une surveillance provin-
ciale constante. Certaines données sont éga-
lement communiquées aux instances fédérales
qui les transmettent à leur tour aux instances
internationales.
Un bulletin de la Direction de santộ publique de Montrộal
publiộ avec la collaboration de lAssociation des
mộdecins omnipraticiens de Montrộal dans le cadre du
programme Prộvention en pratique mộdicale, Volet Information
coordonnộ par le docteur Jean Cloutier.
Ce numộro est une rộalisation du secteur Vigie et protection.
Responsable du secteur : D
r
John Carsley
Rộdacteur en chef : D

r
John Carsley
ẫdition : Blaise Lefebvre
Infographie : Manon Girard
Auteures : Lucie Bộdard,
D
r
Suzanne Brisson
D
r
Paul Rivest
1301, rue Sherbrooke Est, Montrộal (Quộbec) H2L 1M3
Tộlộphone : (514) 528-2400, tộlộcopieur : (514) 528-2452

courriel:
ISSN (version imprimộe) : 1481-3734
ISSN (version en ligne) : 1712-2937
Dộpụt lộgal
Bibliothốque nationale du Quộbec, 2005
Bibliothốque nationale du Canada, 2005
Numộro de convention : 40005583
rộvention

en pratique mộdicale
4
Prộvention en pratique mộdicale, Octobre 2005
Association
des Mộdecins
Omnipraticiens
de Montrộal

Hộpatite A :
Le diagnostic d'hộpatite A s'appuie sur la recher-
che d'IgM anti-VHA. Cependant, en prộsence
d'un tableau suggestif chez un manipulateur
d'aliments ou chez une employộe de garderie par
exemple, il ne faut pas hộsiter dộclarer le cas
avant sa confirmation par le laboratoire.
Hộpatite B :
Seuls les cas qui prộsentent un infection aiguở
ou chronique doivent ờtre dộclarộs. Il faut
nộcessairement un HbsAg positif ou des IgM
anti-Hbc positifs. La prộsence d'un anti-Hbs
positif signe une infection passộe mais ne doit
pas ờtre dộclarộe.
Infection par le VIH et SIDA :
L'infection par le VIH et le SIDA sont dộcla-
ration obligatoire par le mộdecin traitant si et
seulement si la personne infectộe a donnộ ou
reỗu du sang, des produits sanguins, des organes
ou des tissus.
Parasitoses :
Certains parasites frộquemment retrouvộs dans
les selles comme Blastocystis hominis, Enterobius
vermicularis (oxyurose) et Ascaris lumbricoùdes
(ascaridiase) ne sont pas des MADO. Cependant,
depuis novembre 2003, la cryptosporidiose et la
cyclosporose, responsables de gastro-entộrites,
sont devenues des MADO.
ẫclosions ERV :
Deux cas de colonisation ou dinfection par

une mờme souche transmise en milieu de soins
suffisent dộfinir une ộclosion qui doit ờtre
dộclarộe.

Prộcisions sur les dộfinitions de cas de MADO
La rộvision des dộfinitions de cas des MADO s'est faite en parallốle avec l'adoption de la nou-
velle loi sur la santộ publique en novembre 2003. Comme le nombre de MADO est ộlevộ et que
les dộfinitions de cas qui y sont associộes comportent des dộtails qui passent souvent inaper-
ỗus, il est important de faire de temps autres certaines mises au point.
Rougeole, rubộole, oreillons :
Pour ces trois MADO, les dộclarations de cas avec
tableau clinique suggestif de la maladie mais
sans confirmation de laboratoire ne sont plus
acceptộes aux fins de surveillance. En ce qui
concerne la rougeole, mờme la dộtection d'IgM
chez un cas sporadique qui n'a pas d'antộcộdents
de voyage rộcent dans une rộgion oự l'on sait
qu'il y a des cas de rougeole, ne suffit pas
confirmer un cas et elle doit ờtre complộtộe par
l'isolement du virus ou la dộmonstration d'une
ộlộvation du titre des IgG entre les ộchantillons
de la phase aiguở et ceux de la phase de conva-
lescence.
Infection invasive Hổmophilus
influenzổ :
Toutes les infections Hổmophilus influenzổ
sont dộclaration obligatoire peu importe la
souche. La souche doit cependant ờtre isolộe
d'un site stộrile (le sang, les liquides cộphalo-
rachidien, pleural, pộritonộal, pộricardique et

articulaire, les tissus obtenus par biopsie ou par
prộlốvements per-opộratoires) sauf pour une
ộpiglottite. Pour une surveillance adộquate, le
typage des souches est essentiel. La DSP reỗoit
souvent des dộclaration d'infections d'Hổmo-
philus influenzổ isolộes des voies respiratoires
ou d'infections provenant de sites stộriles mais
dont le sộrotypage n'a pas ộtộ demandộ.
Infection invasive streptocoques ò -
hộmolytique du groupe A (Streptococcus
pyogenes) :
La scarlatine n'est plus une MADO. Comme pour
les infections invasives Hổmophilus influenzổ,
seuls les isolements de Streptococcus pyoge-
nes d'un site normalement stộrile doivent ờtre
dộclarộs moins que le cas ne prộsente un choc
toxique.
Infection invasive Streptococcus
pneumoniổ (pneumocoque) :
Ici encore, seuls les isolements de pneumoco-
que d'un site normalement stộrile doivent ờtre
dộclarộs.
Infection invasive Escherichia coli :
L'expression peut porter confusion mais seules
les complications associộes aux gastro-entộrites
Escherichia coli O157:H7 ou O157 ou tout
autre sộrotype producteur de vộrocytotoxine
sont visộes ici : donc tous les cas qui prộsentent
des manifestations compatibles avec un syndro-
me hộmolytique urộmique (SHU) ou un purpura

thrombopộnique thrombotique (PTT) chez qui on
a isolộ un E. coli producteur de vộrocytotoxine
dans les selles ou qui prộsentent un SHU ou un
PTT ayant dộbutộ l'intộrieur d'une pộriode de
trois semaines suivant un ộpisode de diarrhộe
aiguở ou sanguinolente.

Une histoire vraie
17 cas dhộpatite A
Jour 1 - Monsieur Lambert se sent trop malade
pour aller travailler : fiốvre, courbatures, maux de
ventre, fatigue depuis quelques jours. Il reste la
maison.
Jour 2 - Monsieur Lambert se rộveille jaune ! Il
dộcide de consulter un mộdecin.
Jour 4 - Oui, il sagit dune hộpatite aiguở, un bilan
hộpatique ainsi que des tests sộrologiques pour les
hộpatites A, B et C sont prescrits. Diagnostic prộ-
somptif dhộpatite B selon les facteurs de risque
personnels de monsieur Lambert.
Jour 7 - Monsieur Lambert se rend au CLSC pour
le prộlốvement sanguin. Lộchantillon part pour le
laboratoire de lhụpital.
Jour 11 - Cest mardi, cest la journộe des hộpatites
au laboratoire. Tous les tests sộros sont faits.
Jour 13 - Le rộsultat est positif. Une dộclaration
de MADO est envoyộe la Direction de santộ publi-
que (DSP).
Jour 15 - La dộclaration arrive la DSP. Une
infirmiốre essaie de joindre monsieur Lambert pour

enquờter sur ce cas dhộpaitite A aiguở. Personne
la maison, un message est laissộ.
Jour 16 - Monsieur Lambert rappelle linfirmiốre
et linforme quil travaille dans un kiosque de sand-
wichs dans une aire de restauration rapide dune
place commerciale.
Jour 25 au jour 50 - Quelque 17 cas secondaires
dhộpatite A sont dộcouverts parmi des employộs et
des clients du kiosque.
Rộvision : La sonette dalarme dun danger pour
la santộ publique na pas retenti chez le mộdecin
traitant.
Rốgle de pratique : Toujours vous demander quel est
le pire sộnario pour la santộ publique qui pourrait
rộsulter de la transmission de linfection dun patient
atteint dune maladie infectieuse. Quelle est le ris-
que de transmission ? Peut-on offrir immộdiatement
une prophylaxie aux contacts et proposer des mesu-
res de prộvention ? Pourquoi ne pas appeler tout de
suite la Direction de santộ publique ?
Lhistoire revue et corrigộe
Jour 4 - Dốs son diagnostic prộsomptif dhộpa-
tite, le mộdecin traitant sinquiốte de la possibilitộ
dune hộpatite A chez un manipulateur daliments.
Il appelle la Santộ publique. La DSP communique
avec le laboratoire de lhụpital pour demander une
analyse durgence et coordonne le transport du
prộlốvement.
Jour 5 - Lhộpatite A est confirmộe.
Jour 6 - La vaccination active et passive des

employộs du kiosque ainsi que des clients exposộs
dans la pộriode de contagiositộ est offerte par le
Centre de santộ et de services sociaux.
Jour 25 50 - Seulement 2 cas secondaires trouvộs.
A
E n c a r t d a n s « P r é v e n t i o n e n p r a t i q u e m é d i c a l e , O c t o b r e 2 0 0 5 »
Mado n’ayant pas fait l’objet
de déclarations
entre 1994 et 2004
pour les Mado d’avant 2003
en 2004 pour les nouvelles Mado depuis
2003*

Babésiose*

Diphtérie

Éclosion au Staphylococcus aureus résistant à
la méthicilline (SARM)*

Fièvre jaune

Fièvres hémorragiques virales (ex.: fièvre
Ébola, fièvre de Marburg, fièvre de Crimée-
Congo, fièvre de Lassa)

Granulome inguinal

Hépatites virales D et E*


Infection à Hantavirus*

Infection au Staphylococcus aureus résistant
à la vancomycine (SARV)*

Infection par le VIH seulement si la personne
infectée a donné ou reçu du sang, des pro-
duits sanguins, des organes ou des tissus*

Infection par le virus du Nil occidental*

Leptospirose*

Maladie de Chagas*

Maladie de Creutzfeldt-Jakob et ses variantes*

Maladie du charbon (anthrax)

Paralysie flasque aiguë*

Peste

Polyomiélite

Tétanos

Trichinose

Typhus


Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS)*

Variole
* * *
Mado ayant été rayées de la liste
en 2003

Herpès néonatal

Infection invasive à streptocoque
du groupe B

Méningite à entérovirus

Scarlatine

Sida (sauf si dons ou réceptions de sang,
organes ou tissus)
Maladies et intoxications chimiques à déclaration obligatoire
En 2004, 512 déclarations de " maladies et intoxications à déclarations obligatoires d'origine chimiques " (MADO
chimiques) ont été faites à la Direction de santé publique de Montréal. Parmi ces cas, quatre personnes étaient
décédés.
Soixante pourcent (60 %) des déclarations concerne des cas connus et 40 % des nouveaux cas. Les cas connus
sont essentiellement en relation avec l'exposition au plomb et au chrome en milieu de travail ainsi qu'au plomb
et au mercure au niveau environnemental.Les déclarations de nouveaux cas enclenchent un processus d'enquête/
intervention et les cas connus, des activités de suivi.
L'origine des MADO chimiques
À Montréal, plus de 90% des déclarations continuent d'être d'origine professionnelle. Elles touchent principalement
les hommes. L'âge moyen de ces cas est de 38 ans.

Les MADO chimiques d'origine environnementale se retrouvent dans toutes les strates de la population de l'Île de
Montréal. L'âge moyen des cas est de 26 ans (1 - 77) pour 60 % d'hommes et 40 % de femmes.
Les déclarants
Les médecins sont tenus de déclarer l'ensemble des maladies et intoxications par agents chimiques listées
au nouveau Règlement ministériel d'application de la Loi sur la santé publique. Seules les intoxications pour
lesquelles des indicateurs biologiques sont disponibles sont à déclaration obligatoire par les laboratoires.
En 2004, 88 % de nos déclarants sont les laboratoires.
Les maladies à déclaration obligatoire
La déclaration de neuf maladies associées à une exposi
-
tion à des produits chimiques est maintenant
obligatoire depuis le 20 novembre 2003. Parmi ces
maladies, les atteintes (amiantose, mésothéliome) pro
-
fessionnelles reliées à une exposition à l'amiante dans les
secteurs primaire et secondaire ont été les plus déclarées
en 2004.
Le plomb
Le plomb reste l'agent chimique le plus souvent impliqué
dans les intoxications chroniques déclarées à Montréal
avec 442 cas d'origine professionnelle et 11 cas d'ori
-
gine environnementale. Le seuil de déclaration des
plombémies est 0.5 µmol/L, les valeurs maximales
déclarées sont de 2.58 µmol/L pour les cas d'origine
professionnelle et de 2.50 µmol/L pour les cas d'origine
environnementale.
Le monoxyde de carbone
En 2004, le monoxyde de carbone a causé 3 des 4 décès
par MADO chimiques déclarées à Montréal. Il continue

d'être l'agent chimique le plus fréquemment en cause
dans les intoxications aiguës.
En 2004, il y a 6 cas environnementaux. Parmi eux, 4
intoxications, dont 2 décès, sont liées à l'incendie de
la résidence principale. Les deux autres cas, dont 1
décès, sont liés à l'automobile. Les intoxications pro
-
fessionnelles sont associées à l'utilisation d'équipements
au propane (chariot élévateur, scie à béton et autres
outils) ayant besoin d'entretien/de réparation et/ou uti
-
lisés dans des endroits mal ventilés/fermés. Quelques cas
sont également associés au véhicule moteur à essence
(automobile) et à un incendie. Des sources multiples de
monoxyde de carbone sont fréquemment retrouvées dans
les milieux de travail. Elles sont en cause dans plusieurs
(9) intoxications déclarées en 2004.
Maladies et intoxications chimi-
ques à déclaration obligatoire
Nombre de cas, région de Montréal,
2004
Maladies
Amiantose 2
Angiosarcome du foie 1
Asthme professionnel* 0
Atteinte broncho-pulmonaire
aiguë d'origine chimique 2
Bérylliose 0
Byssinose 0
Cancer du poumon lié à l'amiante* 0

Mésothéliome 2
Silicose 0
Intoxications**
Plomb 453
Monoxyde de carbone 36
Mercure 6
Chrome 2
Arsenic 2
Plante (Datura) 2
Solvants 2
Cyanure d'hydrogène 2
Total 512
* dont l'origine professionnel est confirmée par un
Comité spécial des maladies pulmonaires profes
-
sionnelles (CMPP)
** les intoxications qui n’ont pas fait l’objet de
déclaration en 2004 n’apparaissent pas dans ce
tableau.
B
E n c a r t d a n s « P r é v e n t i o n e n p r a t i q u e m é d i c a l e , O c t o b r e 2 0 0 5 »
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
Amibiase 123 99 150 146 101 136 128 132 134 144 135
Botulisme 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
Brucellose 0 2 1 0 0 1 1 2 0 1 1
Campylobactériose 443 455 489 596 624 547 484 401 480 374 402
Chancre mou 0 1 0 0 0 0 0 2 0 0 0
Choléra 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Coqueluche 540 339 141 97 630 256 158 211 140 54 131
Cryptosporidiose* - - - - - - - - - - 12

Cyclosporose* - - - - - - - - - - 6
Éclosion à ERV* - - - - - - - - - - 3
Encéphalite transmises par antropodes 0 0 0 0 0 0 0 1 10 6 0
Entérite à E. coli 0157:H7 46 56 31 46 64 59 74 52 37 14 38
Fièvre Q 0 0 2 0 0 0 1 1 1 0 0
Fièvre paratyphoïde 3 2 3 2 4 7 3 8 4 7 3
Fièvre typhoïde 24 21 7 9 12 7 10 9 12 11 6
Gastro-entérite à Yersinia enterocolitica 75 64 60 42 41 43 25 30 36 27 30
Gastro-entérite d'origine indéterminée 8 6 27 53 87 5 24 5 29 39 35
Giardiase 218 229 291 285 280 359 316 252 288 267 279
Hépatite A 91 231 360 265 73 77 52 56 36 52 44
Hépatite B aiguë 148 101 116 84 71 58 88 52 33 29 17
Hépatite B porteur 802 712 700 619 550 604 567 687 616 510 340
Hépatite B non précisée 160 127 102 137 109 119 113 95 126 210 396
Hépatite C aiguë 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0
Hépatite C sans précision 202 357 386 490 1302 1473 2077 1438 1204 989 1267
Hépatite virale sans précision 5 8 5 1 0 0 0 0 0 1 3
Infections à Chlamydia trachomatis 1812 1784 1718 1832 2066 2495 2597 3101 3274 3447 3248
Infections à H. influenzae, type B 6 5 4 0 3 0 1 1 1 0 0
Infections à HTLV, typeI ou II* - - - - - - - - - - 4
Infections à méningocoques 26 28 10 13 10 11 8 21 13 10 16
Infections invasives à E.Coli* - - - - - - - - - - 1
Inf. invasives à streptocoque du groupe A 0 19 31 60 50 45 58 45 58 71 54
Inf. invasives à Streptococcus pneumoniae 0 0 1 286 327 266 281 256 241 263 271
Infections gonococciques 439 394 306 350 308 381 443 568 523 506 550
Légionellose 3 3 6 4 6 6 4 7 6 3 1
Lèpre 1 4 3 0 0 0 1 0 1 0 1
Lymphogranulomatose vénérienne 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1
Maladie de Lyme* - - - - - - - - - - 2
Oreillons 19 12 16 2 19 1 14 13 2 4 0

Paludisme 30 75 82 110 73 62 91 67 64 51 67
Psittacose 0 0 1 0 0 1 0 0 0 0 0
Rage 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0
Rougeole 43 11 12 2 2 2 1 0 1 3 1
Rubéole 7 12 5 3 1 0 2 0 1 0 1
Salmonellose 274 353 295 265 289 280 302 251 246 234 253
Shigellose 139 178 137 268 135 97 151 144 103 132 74
Syphilis 58 56 41 28 25 19 22 42 62 177 182
Toxi-infection alimentaire 46 29 59 73 56 25 32 17 19 17 16
Tuberculose 209 207 188 188 157 169 200 155 177 160 133
Tularémie 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0
TOTAL 6001 5981 5787 6356 7476 7611 8330 8132 7978
7813 8024
(1) En vertu de la liste en vigeur après novembre 2003 *Nouvelles Mado depuis novembre 2003
MALADIES INFECTIEUSES À DÉCLARATION OBLIGATOIRE (1)
NOMBRES DE CAS PAR ANNÉE, RÉGION DE MONTRÉAL, 1994-2004
Les MADO (d’avant 2003) qui n’ont donné lieu à aucune déclaration de 1994 à 2004 et les nouvelles de puis 2003 qui n’ont donné lieu à
aucune déclaration en 2004 sont énumérées au verso).
Note: ce tableau synoptique corrige les nombres de cas sur plusieurs années par rapport aux tableaux produits antérieurement compte tenu de nouvelles informa-
tions provenant de vérifications sur l’origine régionale des cas et sur la date du début de la maladie.
Comment peut-on être exposé
aux moisissures ?
Quelle est l’ampleur du
problème ?
L’état de la question
L’état de la question
Détérioration de bâtiments, dégâts ou infil-
tration d’eau, taux d’humidité élevé, que ce
soit dans les habitations, les bâtiments
publics ou les milieux de travail, la con-

tamination fongique se développe facile-
ment dans de telles conditions et dans des
endroits très variés.
De 1996 à 2000, le nombre d’appels reçus à
la Direction de santé publique de Montréal-
Centre au sujet de moisissures en milieu rési-
dentiel ou scolaire a presque triplé : Il est
passé de 65 appels par an à 185.
La connaissance des effets sur la santé, de
l’approche diagnostique, des moyens de
prévention et de traitement existants est
essentielle au médecin traitant dans l’éva-
luation et le suivi des problèmes de santé
reliés à une exposition aux moisissures.
Quelle est l’ampleur du
problème ?
En Amérique du Nord et en Europe, d’après
diverses recherches, ce sont 20 à 66 % des
maisons qui présenteraient des problèmes
de contamination fongique ou des condi-
tions humides. Le recensement américain
de 1995 a démontré qu’entre 10% et 20%
des maisons avaient des problèmes de
fuites d’eau provenant soit de l’intérieur ou
de l’extérieur. Ces données concordent avec
celles de l’étude de l’INRS-Urbanisation
effectuée à Montréal en 1991, qui indiquait
que jusqu’à 15% des logements étaient
situés dans des immeubles où les méthodes
d’entretien sont mauvaises ou pitoyables.

Comment peut-on être exposé
aux moisissures ?
Les moisissures sont des champignons
microscopiques qui deviennent visibles
lorsqu’ils prolifèrent pour former des
colonies, souvent sous la forme d’une
mousse en taches veloutées, lorsque les
conditions d’humidité sont suffisamment
élevées. Dans les milieux intérieurs, les
moisissures croissent principalement sur les
matériaux à base de cellulose comme le
bois, le papier et le carton.
Le principal mode d’exposition est l’inhalation
des spores ou des moisissures elles-mêmes
en suspension dans l’air. De plus, les
champignons produisent également des
composés organiques volatils (COV),
comme des alcools, des aldéhydes et des
cétones, qui confèrent l’odeur caractéris-
tique de moisi. Certains champignons
produisent aussi des mycotoxines qui peuvent
aussi être absorbées par inhalation. Enfin, la
paroi cellulaire de la plupart des moisissures
contient un agent inflammatoire, appelé
glucane, qui affecte tout particulièrement
les conjonctives, la gorge et les voies
respiratoires supérieures.
1
révention
en pratique médicale

Septembre 2002
Une préoccupation grandissante
LES MOISISSURES
Une préoccupation grandissante
• Le diagnostic d’une exposition
aux moisissures repose princi-
palement sur l’examen clinique
et le questionnaire médico-
environnemental complet.
• Les symptômes d’une exposition
aux moisissures sont non spéci-
fiques et il n’existe pas de test
clinique objectif pour confirmer
le diagnostic en lien avec une
contamination par des agents
fongiques affectant la qualité
de l’air intérieur.
• Le médecin traitant doit donc
porter une attention particulière
à l’aspect temporel, c’est-à-dire
au moment de l’apparition et de
la disparition des symptômes en
fonction de l’exposition au milieu
contaminé.
• Dans des cas complexes, la docu-
mentation et la correction du
problème peuvent nécessiter une
intervention par des experts en
bâtiment ou en qualité de l’air
intérieur ou des spécialistes en

décontamination fongique.
Le diagnostic médical
Maladies chroniques
Quelles sont les manifestations
cliniques d’une exposition
aux moisissures?
Quelles sont les manifestations
cliniques d’une exposition
aux moisissures?
Effets allergiques et irritatifs
Les moisissures et leurs métabolites peuvent
causer une série de symptômes irritatifs et
non spécifiques, soit une irritation des
yeux, du nez, de la gorge, la toux, etc.
Une association a été démontrée entre
l’asthme, ou des symptômes d’asthme, et
une exposition aux moisissures en milieu
résidentiel, scolaire ou professionnel où
sévissaient des conditions importantes
d’humidité ou d’infiltration d’eau. Des cas
d’alvéolite allergique extrinsèque ont aussi
été rapportés lors de fortes expositions aux
moisissures, mais il peut s’avérer difficile
de distinguer cette maladie d’un syndrome
toxique causé par une exposition aux pous-
sières organiques connu sous le nom
« Organic Dust Toxic Syndrome » ou ODTS.
Ce syndrome, observé surtout en milieu agri-
cole et industriel suite à une exposition
importante à des poussières organiques

contaminées par des agents biologiques, y
compris des champignons, se caractérise
par de la fièvre, des symptômes d’état grippal
et des symptômes respiratoires, sans
atteinte au système immunitaire.
Modes d’action systémiques
Des effets systémiques tels maux de tête,
fatigue et effets neurotoxiques ont été rap-
portés dans des études récentes effectuées
chez des personnes exposées aux moisis-
sures. Les mycotoxines joueraient ici un
rôle. Des recherches supplémentaires seront
toutefois nécessaires pour confirmer ces
effets et déterminer la prévalence ainsi que
le mécanisme physiologique en jeu.
Modes d’action infectieux
Les problèmes infectieux reliés à une expo-
sition à des moisissures pathogènes sont
en progression depuis 10 ans principalement
2
* Tableau adapté de Norman King et Pierre Auger; (2002) Indoor air quality, fungi and health. How do we stand?
Canadian Family Physician; 48 : 298-302.
en raison de l’augmentation des maladies
qui affectent le système immunitaire. La
présence de moisissures dans l’air des
hôpitaux est donc particulièrement préoc-
cupante pour ces patients.
Certaines moisissures et leurs mycotoxines
ont de plus des propriétés immunodépres-
sives, ce qui risque d’augmenter la suscepti-

bilité de certaines personnes à des infec-
tions d’origine bactérienne ou virale.
Maladies chroniques
Mentionnons que l’exposition aux moisis-
sures en milieu non industriel ou non agri-
cole n’a pas été associée à la manifesta-
tion de maladies chroniques comme la
bronchite ou le cancer, mais cette question
demeure très peu étudiée.
Histoire personnelle
Revue des systèmes
Examen physique
Histoire environnementale
• Atopie familiale ou personnelle, asthme,
allergie, atteinte du système immunitaire,
maladie chronique, habitudes personnelles
(tabac, alcool), expositions en milieu de
travail (poussières, solvants, etc.).
• Symptômes allergiques et irritatifs, fatigue,
perte d’énergie, problèmes cognitifs, pro-
blèmes de peau, infections à répétition (otite,
sinusite).
• Rhinite, asthme, sinusite, otite ou maladies de
peau.
• Dommages reliés à l’eau (infiltrations
chroniques, dégâts non-réparés), signes
d’humidité élevée (condensation sur les
fenêtres ou autres structures), croissance
fongique visible ou odeur de moisi, autres
personnes présentes dans le même milieu

ayant des symptômes.
Éléments à rechercherProcédure
Quelles personnes sont
les plus à risque?
Quelles personnes sont
les plus à risque?
Il est certain que les personnes atopiques
sont plus susceptibles aux effets allergènes
et irritatifs des moisissures, et on
soupçonne que les jeunes enfants et les
nourrissons soient plus susceptibles aux
atteintes respiratoires.
Les personnes atteintes du syndrome d’im-
munodéficience acquise (SIDA), tout comme
celles qui prennent des médicaments
immunodépresseurs ou qui ont subi une
greffe de moelle ou une transplantation
d’organe, sont particulièrement à risque
pour développer des infections oppor-
tunistes à certaines moisissures patho-
gènes (ex : Aspergillus).
Quels examens
complémentaires sont
envisageables ?
Que peut faire le
médecin traitant ?
3
Traitement et prévention
Que peut faire le
médecin traitant ?

Le meilleur outil de dépistage dont dispose
le médecin traitant est l’examen clinique,
accompagné d’un questionnaire sur les
antécédents médicaux, les symptômes et
l’historique de l’environnement du patient.
Le tableau* en page 2 résume les princi-
paux éléments qu’il faut rechercher.
Il existe toutefois un élément clé pour
découvrir l’étiologie des symptômes ou de
la maladie, c’est l’aspect temporel des
symptômes. En effet, si les symptômes ne
répondent pas au traitement habituel et
s’ils apparaissent et disparaissent selon
qu’il y a ou non exposition au milieu de travail
ou de résidence contaminée, le lien
étiologique devient plus évident.
Quels examens
complémentaires sont
envisageables ?
Bien qu’il soit possible d’effectuer des
tests cutanés pour les moisissures, les
espèces disponibles pour les tests d’al-
lergie diffèrent généralement de celles
retrouvées dans l’environnement intérieur.
Les principales moisissures pour lesquelles
des tests peuvent être demandés sont :
l’Alternaria tenuis, l’Aspergillus fumigatus et
le Penicillium notatum. Ils demeurent cepen-
dant d’utilité limitée pour apprécier le lien de
causalité avec un environnement spécifique.

Traitement et prévention
Le traitement repose principalement sur le
contrôle des symptômes et l’assainissement
du milieu. Les moisissures ayant besoin
d’une source d’eau pour proliférer, des
mesures visant à éviter l’infiltration et les
dégâts d’eau de même qu’à maintenir le taux
d’humidité relative à des niveaux acceptables
préviendront la croissance fongique dans
l’environnement intérieur. Des inspections
périodiques et un entretien préventif sont
donc à la base de la prévention primaire de
ces problèmes de santé.
1. L’histoire médicale
Madame L. a 29 ans, elle est enseignante à l’école primaire et a toujours été en
bonne santé et pleine d’énergie. Depuis septembre dernier, elle présente les symp-
tômes suivants : épistaxis, rhinite congestive, extinction de voix, somnolence et
problèmes de concentration, vertiges, fatigue intense, sensation de fièvre, toux
sèche, dyspnée, douleurs abdominales et diarrhée. Les antécédents médicaux et
allergiques sont négatifs. La seule anomalie constatée est une légère hyperex-
citabilité bronchique, et selon les médecins spécialistes consultés, le problème de
Madame L. est plutôt de nature psychosomatique.
2. L’évolution des symptômes en fonction
de son environnement de travail
Le questionnaire environnemental révèle que la classe de Madame L., située dans
une annexe temporaire derrière le bâtiment principal de l’école, a subi des dégâts
d’eau et qu’à partir de ce moment, les symptômes ont, peu à peu, fait leur appari-
tion. Elle remarque aussi qu’elle se sent mieux pendant la fin de semaine, sans que
les symptômes disparaissent complètement. Pendant ses vacances d’été, en
quelques semaines, elle est devenue totalement asymptomatique. Avec la reprise

des classes, les symptômes sont réapparus peu à peu.
3. L’évaluation médico-environnementale
L’équipe de santé au travail du CLSC, en collaboration avec l’école de Madame L.,
a mené une enquête étant donné la présence de symptômes chez plusieurs de ses
collègues et chez un certain nombre d’élèves. Le rapport préliminaire révèle la
présence de contamination fongique sur les matériaux de construction derrière les
murs. Madame L. a aussi été référée à la Clinique interuniversitaire de santé au
travail et de santé environnementale où le médecin a posé le diagnostic et l’a mise
en arrêt de travail. La CSST a accepté son cas comme étant une maladie professionnelle.
4. La résolution du problème
Devant les résultats de l’étude d’hygiène industrielle menée par le CLSC, la
Commission scolaire responsable a décidé de détruire l’annexe temporaire de
l’école. L’enseignante a repris son travail dans le bâtiment principal.
Étude de cas
Lorsque de telles mesures de prévention ne
réussissent pas à empêcher la prolifération
fongique, une décontamination des lieux
s’impose en suivant des précautions de base
pour éviter la propagation ailleurs dans le
bâtiment et pour protéger les travailleurs
chargés de la décontamination ainsi que les
occupants de l’édifice. En effet, les per-
sonnes qui sont plus susceptibles aux
effets des moisissures (ex.: personnes
asthmatiques, personnes immuno-
déprimées) ne doivent pas être présentes
dans les locaux lors des travaux de
correction.

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