Tải bản đầy đủ (.pdf) (6 trang)

les amputations et autres traumatismes de la verge

Bạn đang xem bản rút gọn của tài liệu. Xem và tải ngay bản đầy đủ của tài liệu tại đây (1.46 MB, 6 trang )

ARTICLE IN PRESS

AFJU-317; No. of Pages 6
African Journal of Urology (2017) xxx, xxx–xxx

African Journal of Urology
Official journal of the Pan African Urological Surgeon’s Association
web page of the journal
www.ees.elsevier.com/afju
www.sciencedirect.com

Original article

Les amputations et autres traumatismes de la
verge
Ibrahima Diabaté a,b,∗ , Cyril Zé Ondo b,c , Bouréima Ouédraogo b,d ,
MBaye Thiam b,e , Aliou Bâ b,e
a

chirurgien urologue, médecin légiste au CHRASM de Louga, Sénégal
Service d’urologie du Centre hospitalier régional Amadou Sakhir MBaye (CHRASM) de Louga, Sénégal
c
chirurgien urologue, service d’Urologie- Andrologie du CHN Aristide Le Dantec de Dakar, Sénégal
d
chirurgien urologue stagiaire au CHRASM de Louga, Sénégal
e
chirurgien au CHRASM de Louga, Sénégal
b

Rec¸u le 23 d´ecembre 2015; rec¸u sous la forme révisée le 18 juillet 2016; accepté le 6 septembre 2016
Disponible sur Internet le xxx



MOTS CLÉS
Traumatismes de verge;
Epidémiologie;
Traitement;
Réimplantation;
Méatoplastie;
Parage

Résumé
Introduction : Les traumatismes de la verge (TrV) peuvent engendrer des lésions graves, aux séquelles
considérables. Largement sous évalués, leur prise en charge peut s’avérer délicate.
Buts : Déterminer la fréquence hospitalière et les formes anatomo-cliniques des traumatismes de la verge
(TrV), rapporter les variables socio-démographiques des patients et évaluer la prise en charge.
Matériels et méthodes : C’est une étude rétrospective de 15 cas de traumatisme de la verge pris en charge
au service d’urologie du Centre hospitalier régional ASM de Louga (Sénégal), de janvier 2007 à décembre
2013.
Résultats : Les 15 cas de TrV représentaient 1,32% de toutes les urgences urologiques. La moyenne d’âge
des patients étaient de 21,86 ± 18,46 ans (des extrêmes de 4 ans et 70 ans). Les sujets de 12 ans et moins
représentaient 60% des cas. Les traumatismes ouverts (plaies, lacérations et amputations) étaient plus fréquents (n = 11 soit 73,33%) que les traumatismes fermés (n = 2) et les strangulations (n = 2). Les traitements
institués étaient : le lavage avec parage et sutures pour les plaies et lacérations (n = 5); une réimplantation pénienne (n = 2) et une méatoplastie (n = 4) pour les amputations ; une suture de l’albuginée du corps
caverneux dans les fractures de verge (n = 2) ; un débridement dans les strangulations (n = 2). Deux cas de
séquelle ont été observés : une cicatrice douloureuse à l’angle péno-scrotal pendant l’érection et une fistule
pénienne urétro-cutanée. Ils ont été perdus de vue par la suite.

∗ Auteur correspondant. Chirurgien urologue, médecin légiste au CHRASM de Louga, Sénégal, B.P. 586 Louga, Sénégal.
Adresse e-mail : (I. Diabaté).
Peer review under responsibility of Pan African Urological Surgeons’ Association.

/>1110-5704/© 2016 Pan African Urological Surgeons’ Association. Production and hosting by Elsevier B.V. Cet article est publié en Open Access sous licence

CC BY-NC-ND ( />
Pour citer cet article : Diabaté I, et al. Les amputations et autres traumatismes de la verge. Afr J Urol (2017),
/>

AFJU-317; No. of Pages 6

ARTICLE IN PRESS

2

I. Diabaté et al.
Conclusion : Dans notre institutions, les TrV sont rares, potentiellement graves, survenant électivement
chez des enfants et adolescents à la suite d’accidents domestique et de sport. Leur prise en charge thérapeutique ne pose pas de grandes difficultés dans les cas simples, en revanche le traitement des formes graves
(amputations, fistules) demeure un défi.
© 2016 Pan African Urological Surgeons’ Association. Production and hosting by Elsevier B.V. Cet article est
publié en Open Access sous licence CC BY-NC-ND ( />
KEYWORDS
Traumatic penile injuries;
Epidemiology;
Management;
Replantation;
Meatoplasty;
Debridement

Amputations and other injuries of the penis
Abstract
Background: Penile injuries may cause serious lesions and sequelae. Under-reported, their management
sometimes can be delicate.
Objectives: To determine the frequency and the anatomo-clinical features of penile injuries in our institution,
to report the patient socio-demographic variables and to evaluate the management of these penile trauma

cases.
Materials and methods: This is a retrospective study of 15 cases of penile injuries managed in the department of urology at the Regional hospital of Louga, Senegal, from January 2007 to December 2013.
Results: The 15 cases of penile injuries represented 1,36% of all urological emergencies. The mean age of
patients was 21,86 ± 18,46 years old (extremes 4 years and 70 years old). Patients with 12 years old and
under represented 60% of all cases. Open trauma (wounds, lacerations, amputations) were more frequent
(n = 11; 73,33%) than blunt trauma: penile fractures (n = 2) and strangulations (n = 2). Surgical treatments
performed were: irrigation, debridement and primary suturing for wounds and lacerations (n = 5); penile
replantation (n = 2) and meatoplasty (n = 4) for penile amputation; suture of tunica albuginea of corpora
cavernosum for penile fractures (n = 2); debridement in strangulation cases (n = 2) after removal of encircling
object. We observed 2 cases of sequelae: a painful scar of peno-scrotal angle during erection and a penile
urethro-cutaneous fistula. These cases were not seen for the secondary management.
Conclusion: In our institution, penile injuries are rare but potentially serious. Most of the time, they are
caused by domestic and sport accidents. Children and adolescent people were most concerned. The management of those injuries is easy in some cases (wounds, lacerations, penile fractures) but it is a challenge
in serious cases (amputations, fistula).
© 2016 Pan African Urological Surgeons’ Association. Production and hosting by Elsevier B.V. This is an open
access article under the CC BY-NC-ND license ( />
Introduction

Matériels et méthodes

La verge à l’état flaccide, est un organe protégé par sa localisation
et sa mobilité. Cependant en érection, elle est exposée aux traumatismes qui, de l’avis de nombreux auteurs sont sous-évalués [1,2].
Les lésions qu’engendrent ces traumatismes sont variées et diverses.
Elles sont fonction de la nature ou de la cause du traumatisme
mais également fonction des structures péniennes lésées. Ceci est à
l’origine d’une multitude de classifications responsables du manque
de consensus dans le traitement [1,3]. Si certaines lésions paraissent
simples, d’autres peuvent être graves avec une prise en charge délicate, en raison du devenir fonctionnel urinaire et sexuel mis en jeu.
Réussir le traitement de ces formes graves de traumatismes de la
verge (TrV) relève du défi quand on sait que l’objectif principal est

de préserver un aspect cosmétique et anatomique normal, de prévenir ou à défaut de réduire les dommages fonctionnels (dysfonction
érectile, perte de sensibilité), de minimiser les séquelles postopératoires telles que les fistules, les coudures, les sténoses urétrales, les
douleurs. . .

Il s’agit d’une étude rétrospective et descriptive. Elle a porté sur les
patients pris en charge au service d’urologie du Centre hospitalier
régional Ahmadou Sakhir MBaye (CHRASM) de Louga (Sénégal),
pour TrV, entre janvier 2007 et décembre 2013. Ont fait partie de
cette étude, 15 cas de TrV. Les cas de TrV par brûlure ont été exclus
de cette étude. Les données ont été recueillies sur des fiches, à partir
des registres d’urgences, d’hospitalisation, de compte-rendus opératoires et des dossiers du patient puis leur analyse a été faite à
partir de Microsoft Office Word et Excel 2007. Les classifications
adoptées dans cette étude étaient celle de “American Association
for the Surgery of Trauma Organ (AAST) injury scaling” [4] et
celle de Bhat et al [5,6]. Aucun patient n’a bénéficié d’un examen
d’imagerie. Le traitement a été chirurgical pour tous les patients.
La chirurgie a été associée à un traitement médicamenteux à base
d’antalgique, d’anti-inflammatoire non stéroïdien, de sérum et vaccin antitétaniques, et d’antibiotique (à l’exception des patients sans
signe clinique d’infection et sans risque infectieux). Dans les cas de
traumatismes ouverts, la chirurgie a consisté au lavage des lésions
au sérum salé physiologique bétadiné, au parage suivis de sutures
plan par plan. Dans les cas d’amputations de verge, il a été réalisé
une réimplantation ou une confection d’un néo-méat urétral pour les

Le but de cette étude était de déterminer la fréquence hospitalière
et les formes anatomo-cliniques des TrV dans notre institution, et
d’évaluer la prise en charge.

Pour citer cet article : Diabaté I, et al. Les amputations et autres traumatismes de la verge. Afr J Urol (2017),
/>


ARTICLE IN PRESS

AFJU-317; No. of Pages 6

Les amputations et autres traumatismes de la verge

3

Tableau I Les traumatismes de la verge et les circonstances de
survenue.
Table 1 Trauma to the penis and the circumstances of occurrence.
Traumatismes de la verge

Nombre de
cas

Circonstances de
survenue (Nombre)

Plaies et lacérations
cutanées

5

Accidents
domestiques et de
sport (n = 5)

Amputations

• Gland
• Pénienne

4
2

Fractures de verge

2

Morsure de cheval
(n = 2)
Coups et blessures
volontaires (n = 1)
Circoncision (n = 3)
Faux pas du coït
(n = 1)
Camouflage
d’érection (n = 1)

Strangulations
• Fistule urétrale
• Ulcérations nécrotiques
Total

1
1
15

Ficelle de tissu (n = 1)

Etui pénien (n = 1)

cas non éligibles à une réimplantation pénienne. La réimplantation
du moignon amputé a consisté en une anastomose spongio-urétrale
sur sonde urétrale à demeure, en une suture de l’albuginée des corps
caverneux puis du fascia de Buck et enfin à la fermeture du fourreau
cutané de la verge. Aucune anastomose microchirurgicale vasculonerveuse n’a été pratiquée. La confection du néo-méat urétral quant
à elle, a consisté après fermeture de l’albuginée des corps caverneux,
en une fente de l’urètre (sur 1 centimètre) à sa face ventrale puis à des
sutures urétro-cutanées en commenc¸ant par le point médian ventral.
Les traumatismes fermés ont été abordés par une incision circonférentielle au niveau du sillon balano-préputial, avec dissection du
fourreau de la verge, exploration et évacuation de l’hématome puis
sutures de l’albuginée du corps caverneux. Les nécroses tissulaires
et les sphacèles ont été débridés avec excision des tissus dévitalisés.
Le drainage urinaire n’a pas été systématique. Les patients ont été
convoqués 15 et 21 jours après leur traumatisme. Les convocations
ultérieures pour un contrôle dépendaient de l’existence ou non de
complication. Les résultats ont été jugés après 12 mois de recul,
en fonction de la conservation de la sensibilité de la verge, de la
présence ou non de douleurs, d’induration des corps érectiles, de
coudure, de dysfonction érectile, de sténose urétrale ou de fistule
urétro-cutanée.
Résultats
Durant cette période d’étude (janvier 2007 à décembre 2013), nous
avons enregistré 1133 urgences urologiques dont 15 cas de TrV
(01,32%). La moyenne d’âge des patients était de 21,86 ± 18,46 ans
(extrêmes de 4 ans et 70 ans). Les patients d’un âge inférieur ou égal
à 12 ans représentaient 60% des cas (n = 9) et 40% (n = 6) avaient
22 ans et plus. Le tableau I indique que les traumatismes ouverts
(amputations, plaies et lacérations) étaient plus fréquents que les

fractures de verge et les strangulations ; la première place revenant
aux amputations (n = 6) suivies des plaies et lacérations (n = 5). Au
plan anatomique, il a été noté une seule amputation complète de la
verge contre cinq amputations partielles (figure 1) avec une tranche
de section nette et des corps érectiles bien distincts (figure 2)
observés dans les 4 cas où un objet tranchant était en cause :

Fig. 1 Amputation de la moitié distale de la verge.
Fig. 1 Amputation of the distal half of the penis.

circoncisions, coups et blessures par arme blanche (tableau I). A
l’admission deux patients amputés de la verge se sont présentés
sans le moignon amputé. Parmi les quatre autres patients amputés
de verge (ayant ramené leur moignon), deux d’entre eux avaient
un moignon de mauvaise qualité (contus, déchiqueté et souillé)
et non viable, transporté dans un emballage plastique de fortune.
A l’opposé les deux derniers ont été rec¸us dans des conditions
acceptables. Dans l’un des cas, le moignon amputé avait été amarré
au moignon proximal de la verge (sur une sonde urétrale à demeure)
par de simples sutures du fourreau cutané de la verge puis le patient
nous a été référé. Dans l’autre cas, le patient a été immédiatement
pris en charge à la suite d’une amputation du gland, consécutive
à une circoncision réalisée dans l’enceinte de notre hôpital. Quant
aux plaies et lacérations, un patient s’est présenté avec le fourreau
de la verge retourné en doigt de gant et souillé de sable. Aucun
cas de rupture du ligament suspenseur de la verge ou de rupture
des vaisseaux dorsaux de la verge n’a été enregistré. Selon la
classification AAST [4], se rapportant aux plaies et lacérations
cutanées, aux fractures et amputations de verge, les lésions étaient
de grade I (n = 3), de grade II (n = 2). Les grades III, IV et V étaient

respectivement de 2 cas, 5 cas et un cas. D’après la classification
de Bhat et al [5,6], relative aux strangulations, un cas correspondait
au grade III (n = 1) et le second au grade IV (n = 1). Quatre cas de
traumatismes ouverts de la verge étaient associés à d’autres lésions :
des plaies des bourses sans atteinte du contenu (n = 3), des plaies
par arme blanche (d’origine criminelle) des cuisses associées à une
fracture ouverte du cubitus gauche (n = 1). Les facteurs étiologiques
représentés dans le tableau I sont dominés par les accidents domestiques et de sport. Les cas d’amputation pénienne par morsure
de cheval (n = 2) sont survenus au cours des travaux champêtres
pendant lesquels les chevaux sont soumis à rude épreuve. Dans ces
cas, les moignons péniens étaient irréguliers, contus, déchiquetés et
potentiellement souillés ; pour l’un des patients, le moignon n’a pas
été ramené et pour l’autre il était de mauvaise qualité. Les agents

Pour citer cet article : Diabaté I, et al. Les amputations et autres traumatismes de la verge. Afr J Urol (2017),
/>

AFJU-317; No. of Pages 6

ARTICLE IN PRESS

4

I. Diabaté et al.
Tableau II Les traumatismes de la verge selon les traitements
institués.
Table 2 Trauma to the penis and the treatments performed.
Traumatismes de verge

Traitement


Nombre

Plaies et lacérations

Lavage-paragesutures

5

Réimplantation
Méatoplastie
Réimplantation
Méatoplastie
Exploration-Sutures
de l’albuginée
Ablation de l’agent
d’étranglement et
débridement

1
3
1
1
2

Amputations
• Gland
• Pénienne
Fractures de verge
Strangulations


Total

Fig. 2 Vue opératoire. La tranche de section de la verge est nette, les
corps érectiles sont bien distincts.
Fig. 2 Operative view. The section slices of the penis is clear; the
corpus cavernosum and spongiosum are distinct.

d’étranglement dans les strangulations avaient été placés dans le but
de contenir des pertes ou fuites d’urine ; dans l’un des cas la ficelle
avait été posée par le patient lui-même alors qu’il portait déjà une
sonde urétrale à demeure. Dans le deuxième cas, il s’agissait d’un
étui pénien de petite taille placé à un patient externe, qui a manqué
de surveillance. Seuls 2 cas de TrV sur 15 cas sont survenus sur
une verge en érection, il s’agissait de fracture de verge. Le délai
moyen de consultation dans cette série était de 12,06 ± 9,33 heures
(extrêmes de 2 heures et 72 heures). Les patients qui ont consulté
6 heures après le traumatisme représentaient 46,66% des cas
(n = 7). Tous les patients qui présentaient des plaies et lacérations
ou des amputations de verge ont été rec¸us dans les six premières
heures, à l’exception d’un cas d’amputation partielle de verge
rec¸u 17 heures après le traumatisme, en provenance d’une autre
localité avec le moignon amputé amarré au reste de la verge par
des sutures du fourreau (sur une sonde à demeure). Les patients ont
été admis avec des pansements sommaires et l’un d’eux avait ses
plaies souillées de sable. Les traitements institués sont représentés
dans le tableau II: les parages et sutures étaient les gestes les plus
pratiqués, suivis des méatoplasties (figure 3) Les patients qui ont
eu une réimplantation pénienne (n = 2) étaient : le patient avec
l’amputation partielle de la verge d’origine criminelle (à l’arme

blanche) et celui avec l’amputation du gland survenue à la suite
d’une circoncision. Les lésions associées ont été traitées dans le
même temps opératoire. Les patients ont été opérés sous anesthésie

2

15

locale (40%, n = 6), rachi-anesthésie (20%, n = 3) ou anesthésie
générale (40%, n = 6). Le drainage urinaire a été assuré chez 10
patients soit par sonde urétrale à demeure (n = 8 pour amputations
et fractures de verge), soit par cathétérisme vésical sus-pubien
(n = 2 pour strangulations). Tous les patients ont été hospitalisés
24 heures au moins. Aucun décès n’a été enregistré. Les suites
opératoires ont été simples dans 13 cas. Dans 2 cas, elles ont été
émaillées de complications. Dans l’un des cas par une infection
de la plaie avec retard de cicatrisation et dans l’autre par une
fistule urétro-cutanée plutôt liée à la strangulation. Cette infection
est survenue dans le cas des plaies du fourreau de la verge avec
retournement en doigt de gant et souillée de sable. Les cas de
réimplantations péniennes (n = 2) ont présenté une perte de la
sensibilité du moignon amputé en dehors de quelques plaques de

Fig. 3 Aspect final après la méatoplastie, le moignon distal n’ayant
pas été amené.
Fig. 3 Final view after meatoplasty, the distal stump was not brought.

Pour citer cet article : Diabaté I, et al. Les amputations et autres traumatismes de la verge. Afr J Urol (2017),
/>


AFJU-317; No. of Pages 6

ARTICLE IN PRESS

Les amputations et autres traumatismes de la verge
nécrose cutanée superficielles pour l’un et de nécrose du prépuce
pour l’autre (observées en postopératoire et dont la cicatrisation n’a
posé aucun problème). Toutefois, la récupération de la sensibilité a
été lente et progressive mais complète après 12 mois. Avec ce recul
de 12 mois, les résultats post-thérapeutiques ont été jugés bons
(absence de dysfonction érectile, de sténose urétrale, de coudure,
d’induration. . .) sauf chez deux patients: un cas de cicatrice à
l’angle péno-scrotal, douloureuse pendant les érections et un cas
de fistule pénienne urétro-cutanée. Une indication opératoire a été
proposée dans ces 2 cas mais les patients ont été perdus de vue.
Discussion
Les TrV sont des urgences urologiques dont le retentissement
psychologique et physique, fonctionnel et émotionnel affectent le
patient, son épouse et ses parents [1,3,7]. Ce sont des traumatismes
rares mais parfois graves. Leur incidence est difficile à évaluer parce
que les cas ne sont pas tous rapportés et donc sont sous-évalués
[1,2,7]. Dans notre étude, il a été recensé 15 cas en 7 ans. Oranusi
et al [1], en 6 ans ont rapporté 23 cas, tandis que Reddy et al [7] n’ont
rapporté que 26 cas en 10 ans. Cette rareté des cas s’expliquerait par
le fait que d’une part, à l’état flaccide la verge est protégée des
traumatismes en raison de sa localisation, de sa mobilité et dans
une certaine mesure par les vêtements [1–3,7] et d’autre part, par le
sentiment de honte dont pourrait souffrir certains patients victimes
de TrV ; en particulier dans nos régions africaines où tout ce qui
a trait aux organes génitaux est tabou [8]. Théoriquement, tous les

âges peuvent être touchés par les TrV, en particulier les enfants, les
adolescents et les adultes jeunes [1,3]. Dans la présente série, les
enfants d’âge inférieur ou égal à 12 ans représentaient 60% des cas.
C’est dans cette tranche d’âge que sont rencontrées les lésions liées
à la circoncision et où l’insouciance et le dynamisme des enfants
est cause d’accidents domestiques et de sport. Le délai qui s’écoule
entre le traumatisme et la prise en charge est variable d’une série à
l’autre [2,7]. Evidemment, les traumatismes ouverts et les amputations de la verge étant hémorragiques et potentiellement graves, ont
plus rapidement recours aux soins hospitaliers que les traumatismes
fermés et les strangulations. Les cas de strangulation que nous avons
rapportée ont été admis après 48 heures d’évolution. Reddy et al [7]
ont fait état de cas de fracture de verge rec¸us en consultation après
3 semaines.
La prise en charge des TrV commence par un examen clinique
minutieux qui fait le bilan des lésions. Celui-ci est précédé d’un
interrogatoire qui précise le mécanisme lésionnel, la cause et le délai
écoulé avant la consultation. Au cas où un doute diagnostic subsiste,
un recours est fait aux explorations d’imagerie. C’est au terme de
ces étapes que les modalités thérapeutiques sont envisagées tout en
sachant qu’elles sont influencées par le mécanisme et la cause du
traumatisme, l’état de souillure des lésions et le délai écoulé entre
le traumatisme et l’admission [1,7,9].

5
fait recours à un lambeau [1,2,12]. Le retard de cicatrisation en
rapport avec une infection des lésions et l’apparition de cicatrice
douloureuse sont à craindre, comme cela a été le cas chez un de nos
patients.
Les amputations de verge
Les amputations partielles ou totales de verge sont d’étiologies

diverses [1–3,7,10,14]. Les causes fréquemment citées sont la circoncision, le Klingsor syndrom, les blessures par arme blanche
(criminelles), les morsures d’animaux, les accidents de travail. . .
De notre point de vue, les amputations par une lame tranchante
posent moins de problèmes que celles survenues à la suite de morsures d’animaux. Celles-ci présentent des tissus contus, parfois le
moignon amputé n’est pas retrouvé [10,13] ou s’il l’est, il est de mauvaise qualité et vraisemblablement souillé. Toutes ces conditions ne
sont pas de nature à assurer le succès d’une réimplantation pénienne.
Un autre problème que posent les morsures d’animaux au niveau
des organes génitaux externes est le risque infectieux [3,10,11].
Les germes habituellement en cause sont les staphylocoques, les
streptocoques, l’Escherichia coli et les anaérobies [10–13]. Le traitement exige un lavage et une irrigation des lésions, un parage et une
antibiothérapie à large spectre, une séro-prévention et une vaccination antitétanique. Dans les cas de morsure de chien non immunisé,
quelque soit le type de lésion, une vaccination antirabique est à
entreprendre [12,13]. L’élément important à retenir est que devant
toute amputation pénienne, une réimplantation qu’elle soit microchirurgicale ou non doit toujours être réalisée dans la mesure du
possible, avec conservation du prépuce lorsqu’il s’agit d’un accident
de circoncision [1–3,7,14]. La méatoplastie est la dernière option.
Les fractures de verge
Ce sont des traumatismes qui surviennent à la suite de manipulations
forcées d’une verge en érection (masturbation, camouflage d’une
érection, de faux pas ou d’accident du coït) [1–3,7]. Les patients qui
en sont victimes consultent le plus souvent dans les 24 heures, dans
un tableau évocateur [1–3,7]: une douleur aiguë contemporaine à la
perception d’un craquement de la verge, une rapide détumescence,
une tuméfaction et une déviation de la verge du côté opposé à la
lésion (en raison de l’effet de masse de l’hématome au niveau du
foyer lésionnel). En cas de doute diagnostic, en particulier dans
les cas vus tard, un recours peut être fait à l’échographie, à la
cavernographie et plus récemment à l’IRM [1,2,7]. Certains auteurs
préconisent une analyse d’urine dans les fractures de verge [3,7] pour
exclure une lésion urétrale qui pourra être confirmée par une urétrographie ou une urétroscopie. En ce qui concerne la voie d’abord

chirurgicale, notre préférence est accordée à l’abord circonférentiel dans le sillon balano-préputial. Cette voie, à l’opposé de la
voie élective (hémicirconférentielle ou longitudinale) garantit une
large exposition des lésions et une exploration aisée de toutes les
structures susceptibles d’être atteintes.

Les plaies et lacérations de verge

Les strangulations de la verge

Dans la présente série, les plaies et lacérations du fourreau de la
verge étaient causées par des accidents domestiques et de sport.
D’autres lésions telles que les morsures d’animaux et les blessures
du prépuce (ou zipper injuries des auteurs anglosaxons) ont déjà été
rapportées [1,3,8,10–13]. Le traitement chirurgical de ces lésions se
résume tout comme dans notre série au lavage abondant, au parage
suivis de sutures immédiates des lésions [3,11,12]. Rarement, il est

La clinique est fonction du degré de strangulation et de la durée
d’évolution [2,6]. C’est ainsi qu’au début, apparaissent un œdème
et une stase veineuse de la partie distale de la verge, associés à une
baisse de la sensibilité cutanée ; puis, plus la strangulation se prolonge, surviennent des ulcérations, des nécroses voire une section
du corps spongieux avec fistule urétrale comme nous l’avons noté
dans un de nos cas. L’agent d’étranglement peut être une ficelle, un

Pour citer cet article : Diabaté I, et al. Les amputations et autres traumatismes de la verge. Afr J Urol (2017),
/>

AFJU-317; No. of Pages 6

ARTICLE IN PRESS


6

I. Diabaté et al.

élastique ou même un cheveu [2]. Lorsqu’il s’agit d’un objet métallique circulaire (écrou, anneau. . .), l’ablation peut parfois poser
d’énormes difficultés amenant à pratiquer des artifices telle que
la ponction de l’œdème et de la congestion veineuse d’aval ou la
méthode d’enroulement d’un fil comme pour ôter une bague d’un
doigt [2,15,16]. Dans les cas difficiles ou en cas d’échec, les scies
et forages à la mèche sont essayés.
Conclusion
Les TrV sont des urgences rares dans notre institution, mais souvent
graves. Ils touchent particulièrement les enfants et les adolescents
et sont en grande partie causés par les accidents domestiques et de
sport. Le traitement dans les formes de moindre gravité (plaies, lacérations, fractures) pose moins de problèmes et donne de meilleurs
résultats esthétique et fonctionnel tandis que la prise en charge des
formes graves et leurs complications (amputations, fistules) relevant
d’une réimplantation ou d’une urétroplastie demeure un challenge.
Déclaration de source de financement
Les auteurs déclarent ne pas avoir bénéficié de financement ou de
subventions dans le cadre de cet article.
Contribution des auteurs
Tous les auteurs ont contribué à la réalisation de ce travail. Tous ont
vu et approuvé la version finale du manuscrit.
Note d’autorisation
Les auteurs déclarent que toutes les figures et tableaux dans cet
article, de même que le contenu sont originaux.
Conflit d’intérêt
Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflit d’intérêt.


[2] Prunet D, Bouchot O. Les traumatismes du pénis. Prog Urol
1996;6:987–93.
[3] Kim JH, Park JY, Song YS. Traumatic penile injury: from circumcision injury to penile amputation. Biomed Res Int 2014 2014:6,
Article ID 375285.
[4] Moore EE, Moore FA. American Association for the surgery of Trauma
Organ Injury Scaling 50th anniversary review article of the journal of
trauma. J Trauma 2010;69:1600–1.
[5] Bhat AL, Kumar A, Mathur SC, Gangwal KC. Penile strangulation. Br
J Urol 1991;68:618–21.
[6] Shukla P, Lal S, Shrivastava GP, Singh LM. Penile incarceration
with encircling metallic objects: a study of successful removal. J Clin Diagn Res 2014;8:NC01–5, />JCDR/2014/8755.4447.
[7] Reddy SVK, Shaik AB, Sreenivas K. Penile injuries: a 10-year
experience. Can Urol Assoc J 2014;8:E626–31, />10.5489/cuaj.1821.
[8] Mathur RK, Lahoti BK, Aggarwal G, Satsangi B. Degloving injury to
the penis. Afr J Paediatr Surg 2010;7:19–21.
[9] Perovic SV, Djinovic RP, Bumbasirevic MZ, Santucci RA, Djordjevic
ML, Kourbatov D. Severe penile injuries: a problem of severity and
reconstruction. BJU Int 2009;104:676–87.
[10] Bothra R, Bhat A, Saxena G, Chaudhary G, Narang V. Dog bite
injuries of genitalia in male infant and children. Urol Ann 2011;3:
167–9.
[11] Lakmichi MA, Wakrim B, Jarir R, Dahami Z, Moudouni MS, Sarf I.
Mule bite to the male genitalia with complete penile and anterior urethra
amputation: unusual case and review of the literature. ISRN Urol 2011
2011:3, Article ID 723154.
[12] Bertozzi M, Appignani A. The management of dog bite injuries of genitalia in paediatric age. Afr J Paediatr Surg 2013;10:
205–10.
[13] Dubosq F, Traxer O, Boublil V, Gattegno B, Thibault P. Conduite à tenir
devant un traumatisme des organes génitaux externes par morsure de

chien. Prog Urol 2004;14:232–3.
[14] Diabaté I, Kouka SCN. Amputation du gland au cours de la circoncision et réimplantation : à propos d’un cas et revue de la littérature.
Andrologie 2011;21:269–73.
[15] Browning WH, Reed DC. A method of treatment for incarceration of
the penis. J Urol 1969;101:189–90.
[16] Vähäsarja VJ, Hellström PA, Serlo W, Kontturi MJ. Treatment of penile
incarceration by a string method: 2 case reports. J Urol 1993;149:
372–3.

Références
[1] Oranusi CK, Nwofor AME. Traumatic penile injuries: mechanisms and
problems of treatment in a tertiary institution in Nigeria. Niger J Clin
Pract 2014;17:763–6.

Pour citer cet article : Diabaté I, et al. Les amputations et autres traumatismes de la verge. Afr J Urol (2017),
/>


×